‹ Histoire des croisades (volume 2)Chapitre 10 sur 276 · LIVRE XVII. aî · texte numérisé non relu

LIVRE XVII. aî

phèle sur Jcs tours de la ville, et les Musulmans lurent appelés à la prière daus les églises converties en mosquées. Les manrelucks massacrèrent une grande partie des hubitans; le reste fut condamné à la servitude (l). Bibars distribua les captifs aux chefs de son armée; il ordonna ensuite la destruction d’Arsouf. Les prisonniers chrétiens furent condamnés à démolir leurs propres demeures. Le territoire conquis fut divisé et partagé entre les principaux émirs , d’après un ordre du sultan, que les chroniques arabes nous ont conservé comme un monument historique. Celte libéralité envers les vainqueurs des chrétiens paraissait aux Musulmans digne des plus grands éloges, et l’un des historiens de Bibars s’écrie dans son enthousiasme : «Qu’une si belle action était écrite dans » le livre de Dieu , avant d’étre inscrite sur le li- » vre de vie du sultan. »

De si grands encouragemens donnés aux émirs annonçaient que Bibars avait encore besoin de leur valeur pour accomplir d’autres desseins. Le sultan retourna en Egypte pour faire de nouveaux préparatifs et renouveler sou armée. Pendant son séjour au Caire , il reçut les ambassadeurs de plusieurs rois des Francs, d’Alphonse, roi d’Aragon, du roi d’Arménie, et de quelques princes de la Palestine. Tous ces ambassadeurs deinau-

(i) Voir aussi pour les détails sur le siège d’Arsouf, le même Extrait des ailleurs arabes, même paragraphe, lbtiïerat surtout en patlu fort longuement.

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1265 daicnt la paix pour les chre'tiens (i) ; mais leurs pressantes sollicitations ne faisaient que fortifier le sultan dans son projet de continuer la guerre; plus on avait recours à la prière , plus il devait croire qu’on n’avait rien autre à lui opposer. Il répondit aux envoyés du prince de Jalfa : « Le » temps est venu où nous ne souffrirons plus d’in- » jures ; lorsqu’on nous enlèvera une chaumière , » nous enlèverons un château ; lorsque vous nous » prendrez un laboureur, nous donnerons des fers » à mille de vos guerriers. »

Bibars ne tarda pas à réaliser ses menaces ; il traversa le désert et fit un pèlerinage à Jérusalem, où il implora la protection de Mahomet pour ses armes. Bientôt son armée se mit en campagne, et ravagea le territoire de Tyr , de Tripoli et de Ptolémaïs. Le butin des Musulmans, au rapport des auteurs arabes (2), fut si considérable, que les bœufs, les moutons elles buffles ne trouvaient plus d’acheteur. Le sultan conduisit ses troupes sur les bords du Jourdain, et résolut d’assiéger la forteresse de Seplied. Cette forteresse, qui appartenait aux Templiers, était bâtie dans la basse Galilée,

(1) Ibn-Férat (lit que Bibars se lia à cette époque avec divers princes chrétiens d’Occident, et particulièrement avec le roi d’Aragon. Le but de ccs liaisons était d’établir des relations commerciales entre les peuples de l’Orient et de l’Occident. Les Catalans surtout, qui dépendaient alors du royaume d’Aragon , se livraient au commerce d’Orient. (a) Yoy. Makrisi , Extrait des auteurs arabes, aun. 1266.

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