‹ Histoire des croisades (volume 2)Chapitre 106 sur 276 · LIVRE XIX · texte numérisé non relu

LIVRE XIX

voqué à cette époque, aurait pu de nouveau diriger 1 3oo-i 320 l’esprit des guerriers chrétiens vers les conquêtes d’Orient , si les poursuites contre les Templiers n’avaient occupé alors toute l’attention du pape, des prélats et du roi de France.

de la dîme pour la croisade. En même temps il frappa d’anatliême l’empereur Andronic Paléologue , et défendit à tous- les princes catholiques de faire alliance avec lui.

En i3o8, Cle'ment convoqua un concile œcuménique pour y faire statuer sur l’ordre des Templiers et sur les moyens de soustraire la Palestine à la tyrannie des Sarrasins.

Par une bulle adressée en i3o9 à Jacques d’Aragon, le pape accorda à ceux qui se croiseraient les indulgences accoutumées , et les dîmes qu’on devait lever dans les états de ce prince.

Par une lettre du 12 des calendes de juillet, il exhorta Pierre , évêque de Cahors , son légat auprès de l’armée des croisés , que les Hospitaliers devaient conduire en Palestine, à ranimer le zcle des fidèles pour le recouvrement des saints lieux.

Dans d’autres lettres écrites aux évêques d’Orient et à Henri, roi de Chypre, le pape recommandait ce légat et ordonnait qu’on eût pour lui l’obéissance et le respect qui lui étaient dûs ; mais au rapport de Bosio et de la Chronique de Bernard, les vaisseaux manquèrent à la multitude des croisés, et les vents contraires retinrent dans les ports de Sicile ceux qui étaient prêts. Cependant l’occasion était favorable aux succès des chrétiens ; car , suivant Jordan et Sanuti , la discorde était parmi les Sarrasins : elle se mit de même parmi les princes chrétiens. Aussi dans le concile de Vienne, tenu eu i3ii, l’expédition de Syrie fut-elle la seule qu’on ne put régler à cause de ces divisions.

i3oo i32o Les chevaliers du Temple, après avoir été reçus dans l’île de Chypre, s’étaient retirés en Sicile, où le roi les avait employés à une expédition contre la Grèce. Réunie aux Catalans et à quelques guerriers dTlalie, cette belliqueuse milice s’empara de Thessalonique (i), se rendit maîtresse d’Athènes, s’avança vers l’Hellespont et ravagea une partie de la Tlirace. Après cette expédition, les Templiers dédaignèrent la possession des villes tombées en leur pouvoir, et laissant les provinces conquises à leurs compagnons d’armes, ils gardèrent pour eux les richesses des peuples vaincus. Ce fut alors que chargés des dépouilles de la Grèce, ils vinrent s’établir en Occident et surtout en France, où leur opulence , leur luxe , leur oisiveté , durent scandaliser la piété des fidèles, exciter la jalousie et la défiance des princes, provoquer la haine du peuple et du clergé.

Il n’entre point dans le plan de cet ouvrage de nous arrêter sur le procès des Templiers ; niais si nous avons suivi ces nobles chevaliers dans toutes leurs guerres contre les Musulmans, si nous avons

( i ) Bosio , dans son Histoire des chevaliers de Jérusalem , part, a, liv. i, raconte que ce fut un nomme Roger, chevalier du Temple , homme très habile dans le métier des armes, qui commanda cette expédition. Les Templiers , après s’être empares de Thessalonique, se jetèrent sur les Latins qui occupaient quelques provinces de la Grèce; ensuite ils pillèrent les côtes maritimes du Péloponèse, de la Thracc et de l’Hcllespont. (Année i3o6. )

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