‹ Histoire des croisades (volume 2)Chapitre 122 sur 276 · LIVRE XIX. ifo · texte numérisé non relu

LIVRE XIX. ifo

cour d’Avignon , où sG trouvèrent avec le roi de i3Gu Chypre , le roi (1e France et un roi de Danemarck , on ne s’occupa ni de l’invasion de la Romanie, ni des dangers de Constantinople, mais de la perte des colonies chrétiennes en Syrie, et de la captivité dans laquelle gémissait la ville de Jésus- Christ.

Tierce de Lusignan parlait avec enthousiasme de la guerre contre les infidèles et de la délivrance des saints lieux; le roi Jean ne l'écouta point sans émotion, et finit par oublier ses propres malheurs pour s’occuper de ceux des chrétiens au-delà des mers. Valdemar III , roi de Danemarck , était également touché des discours et des récits du roi de Chypre. Le pape prêcha la croisade devant les trois monarques ; on était alors dans la semaine sainte : le souvenir des souffrances de Jésus-Christ semblait donner plus d’autorité aux paroles du pontife; et lorsqu’il déplora les malheurs de Jérusalem , les princes qui l’écoutaient ne purent retenir leurs larmes, et jurèrent d’aller combattre les Sarrasins.

On doit croire , sans doute, que le roi de France fut entraîné à prendre la croix par un sentiment de piété, et par l’éloquence du pape(i); mais on doit penser aussi que les conseils de

Charles V. Il s’en retourna par l’Italie en i365. (Voyez Malh. Villani , liv. n, ch. 34; et les Gestes d'Urbain, apud Bosq. )

(j) Les lettres que le pape Urbain adressa au roi Jean,

2 jo HISTOIRE DES CROISADES.

«3G3 la politique ne furent point étrangers à sa détermination. L’esprit de la guerre sainte , si on venait à bout de le réveiller , devait apaiser ou éteindre les discordes et les passions allumées par la révolution et la guerre civile. Le roi Jean pouvait avoir l’espérance de réunir sous l’étendard de la croisade , et d’entraîner avec lui, au-delà des mers, les compagnies blanches que son autorité n’avait pu soumettre ; le souverain pontife n’était pas moins impatient de voir s’éloigner ces bandesde brigands qui bravaient sa puissance spirituelle et le menaçaient de le faire prisonnier dans Avignon.

Plusieurs grands seigneurs, Jean d’Artois , le comte d’Eu, le comte Dammartin, le comte de Tancarville, le maréchal Boucicault, suivirent l’exemple du roi Jean. Le cardinal Talleyrand de Périgord fut nommé légat du pape dans la croisade (i). Leroi de Danemarck promit de réunir ses forces à celles des Français. Pour encourager son zèle, le souverain pontife lui donna un fragment de la vraie croix , et plusieurs autres reliques dont la vue devait sans cesse lui rappeler la sainte cause qu’il avait juré de défendre (2). Valdemar III

pour le porter à se croiser, sont datées d’Avignon, le 1 1 des calendes d’avril i363. (Voyez les Annal, ecclésiast. sous cette date , n°. xv.)

(1) Voy. les Gestes d’Urbain V , apud Bosq. Talleyrand de Périgord avait le titre de cardinal d’Albano.

(2) Le pape donna au roi de Danemarck des cheveux et des habits de la Vierge , du bois de la croix , des reliques de saint Jean-Baptiste, de saint Georges cl de saint Vin-

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