‹ Histoire des croisades (volume 2)Chapitre 123 sur 276 · LIVRE XIX. a · texte numérisé non relu

LIVRE XIX. a

était venu à la cour d’Avignon pour mettre son 1 304 royaume sous la protection du Saint-Siège ; il lit tous les scrmens qu’on exigeait de lui : mais les bulles qu’il obtint d’Urbain, pour prix de sa soumission, ne purent rétablir la paix dans ses états, et les troubles qui s’élevèrent à son retour lui firent oublier ses promesses.

Le roi de Chypre, avec les plus pressantes recommandations du pape , visita toutes les cours de l'Europe; on admira partout le zèle et l’éloquence chevaleresque du héros et de l’apôtre de la croisade; mais il ne reçut que des promesses vagues pour son entreprise , et de vaines félicitations pour un dévouement qui ne trouvait point d’imitateurs.

Le roi de France était le seul de tous les princes chrétiens qui parût s’occuper de la croisade. Urbain Y montrait néanmoins peu de confiance dans la fermeté de sa résolution ; car il menaça d’excommunier tous ceux qui chercheraient à détourner le monarque de la sainte entreprise. Toutes ces précautions du pontife , l’exemple du roi et les indulgences de la croisade, ne purent entraîner la nation à prendre les armes, ni déterminer les compagnies blanches à quitter la chambre: c’est ainsi que les compagnies appelaient le royaume que désolaient leurs brigandages. On approchait du terme

ccnt , etc. , et on outre une rose d’or. ( Voy. les Gestes d'Urbain et Y Histoire de Vancmetrck, de Crauti, liv. tu, Çfc. 3f). )

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1 305 fixé pourl’expédilion, et rien n’était prêt; on n’avait ni flotte, ni armée. Ce fut alors que le roi Jean mourut à Londres, où il était retourné pour s’offrir en otage à la place du duc d’Anjou, évadé de sa prison , et peut-être aussi pour se débarrasser des soins d’une entreprise qu’il n’avait aucun moyen d’exécuter et de diriger avec succès.

Le pape tremblait dans Avignon , et ne s’occupait que d’éloigner ces bandes formidables , dont les chefs se disaient les amis de Dieu et les ennemis de tout le monde. L’histoire rapporte qu’il employa pour leur faire la guerre , le peu d’argent qu’on avait levé pour la croisade, ce qui excita de violens murmures. Ce fut alors que l'empereur d’Allemagne , Charles IV , de concert avec le roi de Hongrie, proposa de prendre les compagnies à sa solde et de les envoyer contre les Turcs (i). Si ce projet avait été exécuté , nous aurions pu joindre le nom de Bertrand Dugucsclin «à tous les noms glorieux qui ornent les pages de celte histoire ; le héros breton devait être le chef des trou-

(i) L’empereur Charles IV se rendit à Avignon , où il eut une conférence avec le pape. Il y fut question de faire passer les compagnies blanches en Orient, en leur faisant traverser la Hongrie. Si les Hongrois refusaient de leur donner passage, l’empereur s’engageait à les conduire à ses frais dans les ports de Venise et de l’Italie sur une flotte équipée à cet effet. Urbain informa le roi de France Charles V de ce dessein par des lettres datées d’Avignon, le 5 des ides de juin i3G5. (Voy. les Gestes d’ Urbain, et Le tom. 3 de scs lettres, pag. 114.)

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