‹ Histoire des croisades (volume 2)Chapitre 163 sur 276 · LIVRE XIX. 39.q · texte numérisé non relu

LIVRE XIX. 39.q

trépides, trahis par leur valeur imprudente , peutêtre aussi par les Génois, tombèrent entre les mains des Turcs, et la mort des martyrs fut le ] ix de leur généreux dévouement.

Constantin usa de représailles et lit exposer sur les remparts de la ville les tètes de soixante-dix captifs. Celle manière de faire la guerre annonçait que lescombaltans n’écoutaient plus que les inspirations du désespoir ou les fureurs de la vengeance. Les Musulmans, qui recevaient chaque jour des renforts, poursuivaient le siege sans relâche. L’assurance de la victoire redoublait leur ardeur ; Constantinople était attaquée de plusieurs côtés à-la-fois , et la garnison , déjà affaiblie par les combats et les travaux d’un long siège, se trouvait obligée de diviser ses forces pour défendre tous les points menacés.

On avait négligé de l’éparer les fortifications de la ville du côté du port. Vers l’Occident plusieurs des tours (1), surtout celle de St.-Romain , tombaient en ruines. Dans cette situation presque désespérée, ce qu’il y avait de plus déplorable, c’était de voir les défenseurs de Bysance livrés à l’esprit de discorde. De violens débats s’élevèrent outre le grand duc Notaras (2) et Jusliniani qui com-

(1) Quatre tours près de cette porte avaient été abattues par l’artillerie des Turcs.

(2) Coggia-cflendi dit que la division parmi les assiégé* vint de ce que l’empereur avait confié aux soldats francs

33o HISTOIRE DES CROISADES.

i453 mandait les guerriers de Gênes. Les Vénitiens et les Génois furent plusieurs fois sur le point d’en venir aux mains; l’histoire peut à peine indiquer le sujet de ces malheureuses querelles. Tel était l’aveuglement produit par l’esprit de jalousie ou plutôt par le désespoir , que dans celle élite de guerriers qui sacrifiaient chaque jour leur vie à la noble cause qu’ils avaient embrassée , on s’accusait réciproquement de lâcheté et de trahison.

Constantin s’efforcait de les apaiser, et toujours calme au milieu des partis irrités, semblait n’avoir d’autre passion que l’amour de la patrie et de la gloire. Le caractère qu’il déploya au milieu des dangers , aurait dû lui rendre la confiance et l’affection du peuple ; mais l’esprit turbulent et séditieux des Grecs, et la vanité de leurs disputes, ne leur permettaient point d’apprécier la véritable grandeur. Ils reprochaient à Paléologuc des malheurs qui n’étaient point son ouvrage et que sa vertu seule pouvait réparer. On l’accusait d’achever la ruine d’un empire que tout le monde abandonnait et que lui seul voulait défendre. Non seulement on 11e respectait plus ni l’autorité ni les intentions du prince ; mais tout ce qui s’élevait par le rang ou par le caractère était un objet de réprobation ou de défiance. Par une suite de cet esprit inquiet qui, dans les désordres publics ,

la gaule <lc la porte d’Andrinoplc , un des postes les plus importuns de la garnison.

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