‹ Histoire des croisades (volume 2)Chapitre 164 sur 276 · LIVRE XIX. 33 j · texte numérisé non relu

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pousse la multitude à chercher des appuis incon- i nus , certaines prédictions , accréditées parmi le peuple , annonçaient que la ville des Césars ne pouvait être sauvée que par un misérable mendiant à qui Dieu devait remettre le glaive de sa colère.

A mesure que le jour des grandes calamités approchait , le peuple et le clergé se précipitaient dans les églises. On exposa solennellement l’image de la Vierge , patronne de Constantinople ; on la porta en procession dans les rues. Ces pieuses cérémonies offraient sans doute quelque chose d’édifiant, mais elles n’inspiraient point la bravoure nécessaire pour défendre la patrie , la religion menacées ; et le ciel, dans les grands périls de la guerre , n’écoutait point les prières d’un peuple désarmé et tremblant.

Pendant le siège , on avait plusieurs fois parlé d’une capitulation (i). Mahomet exigeait qu’on lui livrât la capitale d’un empire dont il possédait déjà toutes les provinces, et permettait aux Grecs de se retirer avec leurs richesses. Paléologue consentait à payer un tribut; mais il voulait rester maître de Constantinople. Enfin, dans un dernier message, le sultan menaça l’empereur grec de l’immoler avec sa famille et de disperser son peuple captif par toute la terre, s’il persistait à

(i) Chalcondylcs et Ducasnc sont (l’accord ni sur l’époque ni sur les détails de la négociation. Si on en croit Phrantza, Constantin ne songea jamais à sc rendre.

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r»3 défendre la ville. Mahomet offrait à son ennemi une principauté dans le Péloponèse ; Constantin rejeta cette proposition et préféra une mort glorieuse.

Le sultan fit annoncer dans son armée uneattaque prochaine et générale ; les richesses de Constantinople, les captifs, les femmes grecques devaient récompenser la valeur de scs soldats ; il se réservait la ville et ses édifices. Des héraulls d’armes répétèrent à haute voix dans tout le camp. « Heureux ceux qui vont recueillir la palme » de la victoire ; malheur à ceux qui vomiraient » fuir, car ils ne peuvent échapper à la justice de » Mahomet , lors meme qu’ils auraient les ailes » d’un oiseau. » Pour ajouter l’enthousiasme religieux à celui de la guerre, des derviches parcoururent les rangs de l’armée ottomane, exhortant les soldats à purifier leur corps par des ablutions , leur âme par la prière, et promettant les délices du paradis aux défenseurs de la foi musulmane (i)^

(0 Mahomet comptait principalement sur l’elTet des récompenses temporelles et visibles. Il promit une double solde aux troupes qui seraient victorieuses. « La ville et les » bâlimcns m’appartiennent, dit le sultan, mais je vous » abandonne les captifs et le butin , les métaux précieux et » les belles femmes. Soyez riches et heureux. Les provin- » ces de mou empire sont nombreuses; l’intrépide soldat » qui montera le premier sur les murs de Constantinople » sera gouverneur des plus agréables et des plus opulentes, ” et telle sera ma reconnaissance qu’il obtiendra plus da » richesses cl d’honneur qu’il ne peut en désirer. »

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