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nie, la valeur même, peuvent avoir d’ascendant et 1 453 d’éclat , ne sert plus à distinguer ni à protéger les citoyens. Ces magnifiques palais qui faisaient l’orgueil des princes , personne ne les possède plus*. Parmi les nombreux édifices d’une grande capitale , personne n’a plus d’asile ni de demeure. La cité n’a plus de guerriers ni de magistrats, de nobles ni de plébéiens , de pauvres ni de riches , et toute la population n’est plus qu’un troupeau d’esclaves qui attend avec effroi la présence d’un maître irrité. Telle était Constantinople au moment où les vainqueurs se préparaient à y entrer.
Lorsque quelques-uns de ceux qui avaient défendu les remparts (i) rentrèrent dans la ville en annonçant l’arrivée des Turcs , on ne voulut pas les croire ; lorsqu’on vit arriver les bataillons musulmans , le peuple , dit l’historien grec Ducas , ctoit à moitié mort de frayeur et ne pouvoit plus respirer. La multitude fuyait dans les rues sans
(i) Un janissaire, nommé Hassan, d’une stature gigantesque et d’une force d’athlète , mérita Je premier la récompense promise par le sultan. Le cimeterre d’une main et le bouclier de l’autre, il escalada le mur extérieur. De trente guerriers qui marchaient sur ses traces dix-huit périrent sous le fer de l’ennemi. Parvenu au sommet et s’y défendant avec douze de ses camarades, il fut précipité dans le fossé. Il se releva sur ses genoux, mais il fut bientôt écrasé par une grcle de dards et de pierres. (Voy. l’historien Ducas et Coggia-effendi. )
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34 o HISTOIRE DES CROISADES.
i^53 savoir où elle allait et jetaut des cris décliirans. Des femmes, des enfans, des vieillards couraient dans les églises , comme si les autels du Christ eussent été un asile contre les farouches disciples de Mahomet.
Nous n’avons point à décrire les désastres qui suivirent la prise de Constantinople. Le massacre des habitans désarmés , la ville livrée au pillage (i), les lieux saints profanés , les vierges et les matrones accablées d’outrages, une population entière chargée de chaînes : tels sont les récits lamentables qu’on retrouve «à-la-fois dans les annales des Turcs , des Grecs et des Latins (2). Tel fut le
(1) L’historien turc que nous avons cite' parle ainsi de la prise et du pillage de Constantinople : « Avec la permission du sultan, les troupes fortunées pillèrent la ville durant trois jours et trois nuits , et firent jouir lœil de leur espoir de la vue des beautés grecques au sourire doux comme le sucre. »Le même historien ajoute : « Le troisième jour , les héraults de la cour sublime firent connaître la volonté de Mahomet, aussi absolue que le destin : c’était que les soldats cessassent le pillage, ne fissent de mal à personne , et demeurassent tranquilles. Cet ordre auguste ayant été exécuté, les glaives rentrèrent dans le fourreau, et les arcs dans l’angle du repos. »
(a) Après avoir célébré la dernière victoire de l’islamisme, qui fit taire le bruit détestable des cloches, et qui fit disparaître dans les églises les viles idoles qui les souillaient , l’historien turc termine ainsi son récit : a Ce séjour enchanté, qui rivalise avec la citadelle verte du ciel , trop longtemps rempli d'insectes et de reptiles , devint, par la grâce du créateur , la demeure des unitaires ; et la clef de ce
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