‹ Histoire des croisades (volume 2)Chapitre 180 sur 276 · LIVRE XX · texte numérisé non relu

LIVRE XX

Pendant que les Hongrois battaient les Turcs i/pS devant Belgrade , la flotte du pape remportait quelques avantages dans FArcliipel. Calixte ne négligea point de rappeler à tous les fidèles les exploits et les triomphes du patriarche d’Aquilée , persuadé que la nouvelle des victoires remportées sur les Musulmans rendrait l’espérance et le courage à tous ceux que les revers des chrétiens avaient abattus et consternés. On prêcha une nouvelle guerre sainte en France , en Angleterre , en Allemagne, et jusque dans les royaumes de Castille , d’Aragon et de Portugal (i). Partout le peuple écouta avec un pieux recueillement les prédications de la croisade , mais des murmures s’élevèrent généralement contre la levée des décimes.

Le clergé de Rouen, l’université et le parlement de Paris, plusieurs évêques, s’opposèrent ouvertement à cet impôt (a), lin Allemagne les plaintes

niades, mais de Jean Capistran , qui avait méprisé les ordres du chef de l'année chrétienne, et qui avait décidé ainsi le sort de la bataille. On ne voit pas que Capistran ait démenti l'assertion de ses deux compagnons , qui ne le quittèrent point jusqu’à sa mort. (Voy. la note pag. 3Go.)

(i) Le pape, après la victoire de Belgrade , avait sollicité les rois de France et d’Aragcn, les Florentins, les Génois, les Vénitiens et quelques princes de Macédoine , à s’armer contre les Turcs. Il écrivit au roi d’Ethiopie pour 1 : même objet; toutes ses lettres sont à-peu-près du même temps, c’est-à-dire du mois de décembre i45G. Après la victoire de sa Hotte, il renouvela ses instances auprès du roi d’Aragon, de l’empereur et du roi de Hongrie.

(i) Sur l’opposition et l'appel comme d’abus faits par

i438 furent plus violentes que partout ailleurs. A mesure que l’esprit des guerres saintes se refroidissait, on jugeait avec plus de sévérité les moyens employés par les papes pour renouveler ces expéditions lointaines. Il faut d’ailleurs avouer qu’il y avait alors de grands abus dans la perception et l’emploi des décimes. On faisait un trafic des indulgences delà cour de Rome pour la croisade , et le tribunal de la pénitence ne semblait plus, en certaines occasions, qu’un moyen de lever des impôts sur les fidèles. Ce n’était plus qu’à prix d’argent qu’on obtenait les grâces de l’Eglise et les miséricordes du ciel ; les péchés des chrétiens avaient en quelque sorte un tarif, et nous trouvons dans l’histoire d’Aragon que la désobéissance même aux décrets du pape était devenue la source d’un tribut nouveau. On se rappelle que plusieurs fois les souverains pontifes avaient défendu aux chrétiens de porter des munitions et des armes aux infidèles. Le commerce des villes maritimes bravait souvent les menaces du Saint-Siège, et l’a-

J’universilé de Paris et le clergé de Rouen, contre la levéedes décimes ordonnées par la cour de Rome, Calixtc adressa une lettre à Alan, cardinal-prêtre du litre de St.-Praxède , pour lui enjoindre de retourner à Paris , afin d’y soutenir l’autorité du Saint-Siège , et condamner les protestations du clergé et de l’université comme téméraires et impies. Cette lettre estdu 28 juin 1457. La levée des dîmes fut ordonnée; on équipa une Hotte qui devait servir contre les Turcs; mais elle fut employée contre les Anglais. ( Voy. S. Auto-ni», 3e. part., liv, xxu, cli. tG, §. 1.)

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