‹ Histoire des croisades (volume 2)Chapitre 184 sur 276 · LIVRE XX. 37i · texte numérisé non relu

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cet enthousiasme guerrier, ce patriotisme religieux, 1458 qui respiraient dans tous ses discours.

Mahomet II poursuivait toujours le cours de ses victoires, et sa puissance devenait chaque jour plus redoutable. Il s’occupait alors de de'pouiller tous les princes grecs qui avaient échappé à ses premières invasions, et dont la faiblesse se cachait sous les titres fastueux d’empereur de Trébisonde, de roi d’Ibérie, de despote de la Morée. Tous ces princes, à qui les actes de soumission ne coûtaient rien pour régner quelques jours de plus, ou seulement pour conserver leur vie , s’étaient empressés , peu de temps après la prise de Constantinople, d’envoyer des ambassadeurs au sultan victorieux pour le féliciter de ses triomphes. Satisfait de leur humble soumission , Mahomet ne vit en eux qu’une proie facile à dévorer et des ennemis qu’il pouvait vaincre à loisir. La plupart de ces princes déshonorèrent les derniers instans d’une domination qui leur échappait, par tout ce que l’ambition, la jalousie et l’esprit de discorde peuvent inspirer de perfidie , de cruautés et de trahison. Lorsque les Musulmans pénétrèrent dans les provinces grecques, souillées de tous les crimes de la guerre civile, et qu’ils les réduisirent en servitude, on aurait pu croire que Dieu lui-même les envoyait pour venger ses lois outragées , et pour accomplir les menaces de sa justice. Mahomet ne daigna pas même déployer toutes ses forces contre les tyrans pusillanimes qui se disputaient quelques restes de l’empire grec. Il n’eut qu’un mot à dire pour faire

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,459 tomber du trône Démétrins, despote de la More'e, David , empereur de Trébisonde. Si tout ce qui restait de la famille des Comnènes fut massacré par ses ordres, ce farouche conquérant obéit moins en celle occasion aux craintes d’une politique ombrageuse qu’à sa férocité naturelle. Sept ans après la prise de Bysance, il conduisit ses janissaires dans le Péloponèse ; à son approche, les princes d’Acliaïe prirent la fuite ou devinrent ses esclaves. Ne trouvant presque point de résistance, il recueillit, avec dédain, les fruits d’une conquête facile. Il méditait de plus vastes projets , et lorsqu’il arbora l’étendard du Croissant au milieu des ruines de Sparte et d’Athènes, il tenait ses regards attachés sur la mer de Sicile , et cherchait une roule qui pût le conduire aux rivages d’Italie.

Le premier soin de Pie II fut de proclamer les nouveaux dangers de l’Europe. Il écrivit à tontes les puissances de la chrétienté, et convoqua une assemblée générale à Mantoue , pour délibérer sur les moyens d’arrêter les progrès des Ottomans. La bulle du pontife rappelait aux fidèles que l’Eglise de Jésus-Christ avait été souvent battue par la tempête ,• mais que celui qui commande aux vents veillait toujours à son salut. « Mes prédécesseurs , » ajoutait-il, ont déclaré la guerre aux Turcs par » terre et par mer ; c’est à nous maintenant de la » poursuivre ; nous n’épargnerons ni travaux , ni » dépenses, pour une guerre si utile, si juste, si » sainte. »

Tous les Etats de la chrétienté promirent d’en-

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