‹ Histoire des croisades (volume 2)Chapitre 188 sur 276 · LIVRE XX · texte numérisé non relu

LIVRE XX

» à ceux, qui sont devant vous, ceux qui sont 1 4G3 » derrière vous abandonneront aussi dans le » danger.

» Vous sentez-vous la force de supporter l’op- » probre et l’humiliation d’une domination baril bare ? restez dans vos demeures , attendez-y vos » ennemis -, attendez-y ces vils Asiatiques qui ne » sont plus même des hommes, et qui ont l’inso- » lente pre'tention de gouverner tous les peuples » de l’Europe. Mais si vous avez un cœur noble,

» un esprit élevé, un caractère généreux , une âme « chrétienne , vous suivrez les étendards de l’E- » glisej vous nous enverrez des secours ; vous ai- >1 derez l’armée du Seigneur.

» Ceux qui nous aideront, Dieu les bénira j i) mais ceux qui resteront indifférens n’auront >) point de part aux trésors des miséricordes divi- » nés. Que les méchans et les impies qui trou- » bleront la paix publique , soient maudits do » Dieu ! Que le ciel fasse tomber sur eux tous les i) fléaux de sa colère! Qu’ils vivent sans cesse dans » la crainte, et que leur vie soit comme suspen- » due à un fil ! !Ni le pouvoir ni la richesse ne les » défendront pas ; les flèches du remords les allcin- » dront partout ; les flammes de l’abîme consu- » nieront leur cœur, u

Le pontife adressait cette exhortation aux princes , à la noblesse et aux peuples de tous les pays.

11 indiquait la ville et le port d’Ancône comme lo lieu où devaient se rendre les croisés. Il promettait la rémission de leurs péchés à tous ceux qui

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t4<53 serviraient, pendant six mois, à leurs frais, ou qui entretiendraient un ou deux soldats de la croix, pendant le même espace de temps. Il n’avait rien à donner dans ce monde aux fidèles qui prendraient part à la croisade; mais il conjurait le ciel de diriger tous leurs pas , de multiplier leurs jours, de conserver, d’accroître leurs royaumes, leurs principautés, leurs possessions. En terminant son discours apostolique, il s’adressait au Dieu tout-puissant: « O toi, qui sondes les reins et les cœurs ,

» disait-il, lu sais si nous avons d’aulre pensée que » de combattre pour la gloire et pour le salut du » troupeau qui nous est confié. Venge le sang » chrétien qui coule sous le glaive des Turcs et » qui de toutes parts s’élève vers toi. Jette un re- » gard favorable sur ton peuple ; conduis-nous » dans la guerre entreprise pour le triomphe de » la loi. Fais que la Grèce soit rendue à ton culte, » et que toute l’Europe puisse bénir ton nom. »

Celte bulle du pape fut envoyée dans tout l'Occident et lue publiquement dans les églises. Les fidèles assemblés versèrent des larmes au récit des malheurs de la chrétienté. Dans les pays les plus éloignés des invasions des Turcs et jusque dans les contrées du Nord, on prit la croix et les armes. Les uns se dirigèrent vers Ancône; les autres allèrent en Hongrie rejoindre l’année de Malh ias Corvin, prèle à se mettre en marche contre les Turcs.

Le pape écrivit au doge de Venise pour le prier d’assister en personne à la guerre qu’on allait

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