‹ Histoire des croisades (volume 2)Chapitre 191 sur 276 · LIVRE XX · texte numérisé non relu

LIVRE XX

daut les chrétiens d’Oricnt , et les derniers regards 1464 qu’il jeta sur la terre se portèrent vers la Grèce opprimée par les ennemis de Jésus-Christ.

Paul II, qui fut élu pape , s’engagea , au milieu du conclave , à suivre l’exemple de son prédécesseur. Mais déjà les croisés assemblés par Pie II étaient retournés dans leurs foyers. Les Vénitiens , restés seuls, portèrent la guerre dans le Péloponèse , sans pouvoir obtenir de grands avantages contre les Turcs. Us dévastèrent les pays qu’ils allaient délivrer, et le plus remarquable de leurs trophées fut le pillage d'Athènes (1). Les Grecs du canton de Lacédémone et de quelques autres villes , qui, dans l’espoir d’être secourus, avaient levé l’étendard de la liberté , ne purent résister aux janissaires, et tombèrent victimes de leur dévouement à la cause de la religion et de la patrie. Scandcrberg , dont les Turcs assiégeaient la capitale, vint

à vous à poursuivre l’ouvrage de Dieu. Ne laissez pas périr par votre négligence la cause de la foi ; car vous êtes appelés dans l’Eglise pour lui porter secours quand elle en a besoin... » Le souverain pontife finit son exhortation, que nous abrégeons, en demandant pardon aux cardinaux pour les péchés qu’il avait commis envers Dieu , et pour les torts qu’il pouvait avoir eus envers eux : puis levant uu peu la main, il les embrassa tous en pleurant. Les cardinaux , les larmes aux yeux, et tombant au pied de sou lit, lui demandèrent pardon de leurs fautes.

(1) Pliilèphe , dans son liv. xxi , rapporte que le doge de Venise, Louis Loredan, fut tué d’un coup de pierre en attaquant Corinthe en 1 4^4-

i '65 alors solliciter lui-même les secours du pape (r). Reçu par Paul II , en présence des cardinaux, il déclara devant le sacré collège qu’il n’y avait plus en Orient que l’Épire et dans l’Epire-que sa petite armée qui combattit encore pourla cause des chrétiens. Il ajouta que s’il succombait, personne ne resterait pour défendre les chemins de l’Italie. Le pape donna les plus grands éloges à la bravoure de Scanderberg , et lui fit présent d’une épée qu’il avait bénite. Il écrivit en même temps aux princes de la chrétienté, pour les engager à secourir l’Albanie. Dans une lettre adressée au duc de Bourgogne, Paul II gémissait sur le sort des peuples de la Grèce chassés de leur patrie par les barbares ; il déplorait l’exil et la misère des familles grecques venant chercher un refuge en Italie, mourant de faim et sans vêtemens , entassés pêle-mêle sur les rivages de la mer , tendant les mains au ciel , et suppliant leurs frères , les chrétiens , de les secourir ou de les venger (2). Le chef de l’Eglise

(1) Depuis la bataille d’Ocride , Scanderberg avait encore obtenu de grands succès contre les troupes de Mahomet : mais se trouvant ensuite au milieu de grandes difficultés, dépourvu de forces et d’argent, il se réfugia auprès de Paul II pour lui demander des secours. ( "Voy. Marin Barleti, liv. n, in Vita Scanderb .) Le pape Paul donna à Scanderberg une grande sommed’argent etlui fit de grands présens. ( Ibid, )

(2) Cette lettre de Paul II , adressée au duc de Bourgogne , se trouve dans le recueil de celles du cardinal de Pavie, ép. t63.

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