‹ Histoire des croisades (volume 2)Chapitre 194 sur 276 · LIVRE XX. 3gi · texte numérisé non relu

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qui tous racontèrent les ravages des Ottomans, , et représentèrent , avec les couleurs les plus vives , les malheurs qui menaçaient l’Europe. Dans ces deux assemblées , on prit plusieurs résolutions pour la guerre contre les Musulmans; mais aucune ne fut exécutée. Tel était l’aveuglement général, que ni les exhortations du pape , ni les progrès effrayans des Turcs, ne purent réveiller le zèle des princes et des peuples. Les chroniques du temps parlent de plusieurs miracles par lesquels Dieu manifesta sa puissance dans ces jours malheureux (i); mais sans doute que le plus grand des miracles de la Providence fut que l’Italie et P Allemagne ne tombassent point au pouvoir des Ottomans , lorsque personne ne se présentait plus pour les défendre.

Après la mort de Faul II (2), qui ne put voir

(1) Marsiliiis Ficinus , dans son 3e. livre de Religione c/imOartrt, rapporte, sous la date de î/JOt), qu’une fdle d’Ancône, paralylique depuis son enfance, et un nommé Blindelle de Florence, qui depuis, plusieurs années, 11e pouvait parler à cause d’une contusion à la gorge, furent subitement guéris en confirmation de la foi.

(a) Le cardinal de Pavie regarde la mort subite du pape Paul II comme une punition de la violation du vœu qu’il avait fait, avant et après son pontificat, d’assembler un concile œcuménique pour le rétablissement de la splendeur de la religion et pour unir tous les rois contre les Turcs. Raynaldi excuse Paul sur les circonstances difficiles où il se trouva , et sur les efforts qu’il avait faits pour armer les puissances chrétiennes contre les Ottomans. Il ajoute eu-

3<>a HISTOIRE DES CROISADES,

i le succès d’aucune de scs prédications et de scs entreprises, son successeur, Sixte IV, ne négligea rien pour la défense de la chrétienté (i). A peine monté sur le trône pontifical , il députa des cardinaux dans plusieurs états de l’Europe , pour prêcher la paix entre les chrétiens et la guerre contre les Turcs. Les légats avaient pour instruction spéciale de presser la levée des décimes pour la croisade. Ils étaient autorisés à lancer les foudres de l’excommunication contre ceux qui s’opposeraient à cet impôt ou qui en détourneraient les produits. Cette sévérité , qui occasionna des troubles en Angleterre et surtout en Allemagne , réussit dans d’autres pays , et fournit au souverain pontife des moyens de préparer la guerre. Mais aucun des princes de l’Occident ne prenait les armes, et la chrétienté se trouvait tou-* jours exposée aux plus grands périls, lorsque la

suite qu’il n’est pas besoin de recourir aux jugemens secrets de Dieu pour expliquer cette mort soudaine , dont la cause était trop manifeste, le pape ayant toujours eu une trop grande abondance de sang. Ce pontife mourut dans la nuit du 26 juillet 1 47 1 • (Raynaldi , n°s. 60 etsuiv.)

(i) Le pape Sixte IV annonça l’intention où il était de poursuivre la guerre contre les Turcs, et d’y sacrifier non seulement les trésors de l’Église , mais son propre sang. ( Voy. dans le livre des brefs et des bulles de ce pontife , pag. i5, ép. il ,et pag. 12, u». 10.

Dans sa première bulle il dit que son prédécesseur Paul II a consommé 200 mille pièces d’or à la guerre contre les. itifidèles.

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