‹ Histoire des croisades (volume 2)Chapitre 202 sur 276 · LIVRE XX · texte numérisé non relu

LIVRE XX

niassacréeou traînée en servitudc(i). Celte invasion i/tgo des Turcs, à laquelle on ne s’attendait point, répandit l’effroi dans toute lTtalie. Bonfiuius nous apprend que le pape eut un moment la pensée de quitter la ville des apôtres et d’aller au-delà des Alpes chercher un asile dans le royaume de France.

Il est probable que si Mahomet II avait réuni toutes ses forces contre le royaume de Naples , il aurait pu pousser ses conquêtes jusqu’à Rome.

Mais la perte de son armée en Hongrie et l’échec de ses meilleures troupes devant la ville de Rhodes, durent arrêter ou suspendre l’exécution de ses projets. Sixte IV, revenu de ses premières terreurs, implora les secours de la chrétienté. Le souverain pontife s’adressait à toutes les puissances ecclésiastiques et séculières, aux chrétiens de toutes les conditions; il les conjurait, par la miséricorde et les souffrances de Jésus-Clirist, par le jugement dernier, où chacun serait placé selon ses œuvres , par les promesses du baptême , par l’obéissance due à l’Eglise, il les suppliait de conserver entre

(1) L’archevêque d’Otrante, au rapport d’un historien ,

fut scié en deux avec une scie de bois , et huit cents ci-

toyens subirent le martyre plutôt que de renoncer à la re-

ligion chrétienne. Celte execution eut lieu dans une petite valide qui depuis fut appelée la Vallée des Martyrs. ( Leand. Albert, in discept. Salent, in regn. liai., 9.) Ce

fait est aussi rapporté dans la bulle que le pape publia pour la pacification de l’Italie, et pour exhorter les fidèles à la défense de la chrétienté. ( Voy. Raynaldt , ad ann. 1480, 111 * * * 05. 18, cso et suiv. )

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x48o eux, au moins pendant trois ans, la charité, la paix et la concorde. 11 envoya partout des légats, chargés d’apaiser les troubles et les guerres qui divisaient le monde chrétien. Ces légats avaient pour instruction d’agir avec modération et prudence ; de ramener, parles voies de la persuasion , les peuples et les rois au véritable esprit de l’Evangile , et de ressembler dans leurs courses pieuses à la colombe qui X’cvint dans l’arche , portant l’olivier pacifique. Afin d’encourager les princes par sou exemple , le pontife fit partir , pour les côtes de Naples, les galères qu’il avait destinées à secourir l’île de Rhodes. Il ordonna en meme temps des prières publiques; et, pour attirer les bénédictions du ciel sur les armes des chrétiens, pour exciter la piété des fidèles , il ordonna que l’octave de tous les saints lût célébrée dans l’Église universelle , à commencer de l’année i48o , qu’il appelait dans sa bulle V octave du siècle.

Avant la prise d’Otrante, l’Italie se trouvait plus divisée que jamais. L’ardeur des factions , les animosités qu’enfantait la jalousie, avaient tellement égaré les esprits que plusieurs états, plusieurs citoyens, ne voyaient, dans une invasion des Turcs y, que la ruine d’un état voisin ou d’une faction rivale. Venise fut alors accusée d’avoir attiré les troupes ottomanes dans le royaume de Naples. On doit dire néanmoins que la présence du danger et surtout le récit des cruautés exercées par les vainqueurs d’Otrante, réveillèrent dans tous les cœurs, des seotimens généreux.

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