‹ Histoire des croisades (volume 2)Chapitre 203 sur 276 · LIVRE XX. 4<h · texte numérisé non relu

LIVRE XX. 4<h

Sixte IV voulut profiter de celle disposition des 1481 esprits, et convoqua à Rome une assemblée solennelle à laquelle assistèrent les ambassadeurs des rois et principaux états de la chrétienté ; on fil un traité par lequel le roi de France s’engageait à faire marcher des troupes contre les Turcs, le pape à équiper trois vaisseaux , le roi de INaples , quarante; le roi de Hongrie promettait cinquante mille écus d’or, le duc de Milan, trente mille ducats; Gènes, cinq vaisseaux tous les ans ; Florence, vingt mille ducats; le duc de Ferrarc , quatre vaisseaux; Sienne, autant; Lucqucs, un; le marquis de Mantoue, un; Bologne, deux. Dans la meme assemblée, on fit d’autres traités auxquels accédèrent la plupart des élats de l’Europe ; 011 prononça, en outre, une amende de mille marcs d’argent contre ceux qui manqueraient à leurs promesses (1). Celte disposition pénale, qu’on invoquait comme garantie des traités, annonçait assez que la plupart des élats chrétiens manquaient de zèle et surtout de persévérance dans leurs entreprises contre les Musulmans, et qu’on 11e tarderait pas à oublier tout ce qu’on avait promis. D’autres intérêts , d’autres soins occupaient l’Angleterre , la France et l’Allemagne ; les légats furent reçus partout avec respect , mais ils ne purent mettre un terme à la guerre élevée entre les Anglais et les Ecossais, ni étouffer les germes d’une division

(0 Yoyee les Annales cçclcsiast. , ad ann. 1281.

f\ i o HISTOIRE DES CROISADES.

«48. toujours prêle ù éclater entre Louis XI et l'empereur Maximilien. Dans une diète germanique qui fut convoquée , on fit, comme à l’ordinaire , des discours pathétiques sur les calamités qui menaçaient l’Europe chrétienne j mais on ne prit point les armes.

Les Ottomans, renfermés dans Olrante, n’avaient point , il est vrai , assez de forces pour s’avancer en Italie , mais ils pouvaient chaque jour recevoir des renforts. Après avoir levé trois armées , l’empereur turc en rassemblait une quatrième dans la Bithynie , pour la diriger, selon les circonstances, contre les mamelucks d’Egypte ou contre les chrétiens d’Occident. Quoique la chrétienté connût ces préparatifs, les peuples et les princes qui ne se croyaient point menacés, revinrent à leurs divisions et à leurs querelles. Ils avaient enfin abandonné le salut du monde chrétien aux soins delà Providence , lorsqu’on apprit la mortde Mahomet II ; cette nouvelle se répandit partout à-lafois , et fut reçue comme la nouvelle d’une grande victoire, surtout dans les pays qid redoutaient les premières attaques des Ottomans. A Rome, où la crainte avait été plus vive, le pape ordonna des prières, des fêtes , des processions, qui durèrent trois jours ; et pendant ces trois jours la pacifique artillerie du château Saint-Ange ne cessa de se faire entendre et d’annoncer la délivrance de l’Italie (i).

(i) Mahomet II mourut subitement dans son camp près

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