‹ Histoire des croisades (volume 2)Chapitre 216 sur 276 · LIVRE XX · texte numérisé non relu

LIVRE XX

jours en butte aux invasions d’une nation barbare. >

Dans le même temps, l’empereur d’Allemagne, écrivant à sou conseiller à la diète de Nuremberg, lui exprimait le désir qu’il avait toujours eu de rétablir l’empire de Constantiif fît de délivrer la Grèce de la domination des Turcs. « Nous « aurions volontiers, disait-il, employé, à cette » entreprise, notre puissance et même notre per- » sonne, si les autres chefs de la chrétienté nous r> avaient assisté. » En lisant ces lettres de Maximilien, on pourrait croire que ce prince était plus touché que tous les autres du malheur des Grecs et des périls de la chrétienté. Mais l'inconstance et la légèreté de son caractère 11e lui permirent point de pousser avec ardeur une entreprise à laquelle il paraissait mettre tant d’importance. Il passa sa vie à former des projets contre les Turcs, à faire la guerre à des puissances chrétiennes, et dans sa vieillesse il se consola , en pensant que la gloire do sauver l’Europe appartiendrait peut-être un jour à un prince de sa famille.

Tandis que les princes chrétiens s’exhortaient ainsi réciproquement à prendre les armes, sans qu’aucun d’eux renonçât aux intérêts de son ambition , et donnât l’exemple d’un généreux dévouement, Sélim , après avoir vaincu le roi de Perse, attaquait l’armée des mamelucks(i), détrônait le

]>our traiter de tout ce qui concernait ta guerre sainte. (Raynaldi, ad ann. i5i7,n«». iqctsuiv.)

(1) Sur ces conquêtes de Sé|im on peut lire Sabellic.

1517 sultan du Caire et réunissait à ses vastes états tous les pays qu’avaient habités et possédés les Francs en Asie. Jérusalem vit alors flotter sur ses murailles l’étendard du Ci'oissant, et le fils de Bajazet, à l’exemple 9,’Omar, profana , par sa présence , l’église du Saint-Sépulcre. La Palestine ne faisait que changer de domination , et rien n’était changé au sort des chrétiens. Mais comme l’Europe redoutait plus les Turcs, qui la menaçaient sans cesse, qu’elle ne redoutait les mamelucks auxquels on avait cessé de faire la guerre , la nouvelle qu’on reçut en Occident de la conquête de Sélim , répandit partout la consternation et la douleur. Il semblait à la chrétienté que la ville sainte passât pour la première fois sous le joug des infidèles , et les sentimens de deuil et d’effroi qu’éprouvèrent alors les chrétiens , durent réveiller dans les esprits la pensée de délivrer le tombeau de Jésus- Christ.

On doit ajouter que les dernières victoires de Sélim achevaient de renverser en Orient toutes les puissances rivales des Turcs , et qu’en accroissant d’une manière effrayante les forces ottomanes, elles ne lui laissaient plus d’autres ennemis à combattre que les peuples de l’Occident.

Léon X s’occupa sérieusement des dangers qui menaçaientla chrétienté, etrésolut d’armer les principales puissances de l’Europe contre les Turcs. Le

continuât.; Bizaro, liv. x; Surit., in comment. , ad auu. 1 517; et Bosio , pag. a, liv. xvm.

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