‹ Histoire des croisades (volume 2)Chapitre 221 sur 276 · LIVRE XX · texte numérisé non relu

LIVRE XX

et n’occasionnèrent point de troubles en France et en Angleterre, c’est que le cardinal Wolsey , ministre de Henri VIII , fut associé à la mission du légat apostolique , et que Léon X abandonna à François Icr. la levée des décimes dans son royaume.

Nous avons sous les yeux plusieurs pièces historiques qui n’ont jamais été imprimées, et qui nous servent à jeter un grand jour sur les circonstances dont nous parlons ; la première est une lettre de François Ier.? datée d’Amboise , le 16 décembre i5i6,par laquelle maître Josse (i) de Lagarde, docteur en théologie , vicaire-général de T église cathédrale de Toulouse , est nommé commissaire, touchant le fait de la croisade, dans le diocèse. Le roi de France expose dans une autre lettre le but du jubilé qui allait s’ouvrir : c' était pour implorer à faire la guerre aux ii fidèles , et conquérir la Terre-Sainte et T empire de Grèce , détenus et usurpés par lesdits infidèles. A ces lettres patentes se trouvent jointes des instructions données par le roi de concert avec le légat du pape, pour l’exécution de la bulle qui ordonne la prédication de la croisade dans le royaume de France pendant les deux années 1 5 1 7 et i5i8. Ces instructions recommandent d’abord de choisir de bons prédicateurs, chargés de faire de beaux et dévots sermons au peuple , et d’expliquer les facultés et dispenses

(1) Nous donnerons le recueil de ces pièces manuscrites à la fin de ce cinquième volume.

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i r ■ 7 qui se trouvent dans la bulle , ainsi que les justes et les saintes causes et raisons pour lesquelles il est ordonné que, pendant deux ans, toutes autres indulgences , tous autres pardons généraux et particuliers sont suspendus et révoqués.

Après avoir parlé du choix des prédicateurs et de la manière dont ils doivent prêcher, les lettres-patentes du roi donnent quelques instructions sur le choix des confesseurs. Le commissaire-général de la croisade pouvait en choisir autant qu’il le jugerait convenable pour chaque église où se trouvaient les troncs et questes du jubilé. Il lui était recommandé d’en nommer six pour la cathédrale du diocèse, gens de bonne conscience, hors de suspicion. Les ecclésiastiques, choisis ainsi par le commissaire, avaient la mission de confesser ceux qui voudraient gagner les indulgences ; et pour éviter toute espèce de désordres qui pourraient naître de l’esprit de rivalité , ils avoient , a F exclusion de tous autres , puissance de faire des compositions et restitutions , et bailler V absolution d’ icelles, etc.

Enfin , l’ordonnance royale n’oublie rien des circonstances qui accompagnaient la prédication d’une croisade, des formes dans lesquelles on devait procéder à la distribution des indulgences. Elle va jusqu’à régler la construction des troncs placés dans les églises pour recevoir les offrandes des fidèles, et les cérémonies religieuses qui doivent être observées pendant le jubilé. Entre autres dispositions, celte ordonnance portait qu’il

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