‹ Histoire des croisades (volume 2)Chapitre 225 sur 276 · LIVRE XX. 45s · texte numérisé non relu

LIVRE XX. 45s

la conquête de l’Égypte, qui venait d’être réunie à 021 l’empire ottoman.

Le grand-maître des Hospitaliers envoya solliciter les secours de l’Europe chrétienne. Charles- Quint venait de réunir sur sa tête la couronne impériale et celle des Espagnes. Tout occupé d’abattre la puissance de la France , et cherchant à entraîner le pape Adrien VI dans une guerre contre Je roi très chrétien , l’empereur fut peu touché du danger qui menaçait les chevaliers de Rhodes (1).

Le souverain pontife n’osa les secourir et solliciter pour eux l’appui de la chrétienté. François 1er. montra des sentimens plus généreux, mais dans la situation où se trouvait le royaume , il ne put envoyer les secours qu’il avait promis.

Les chevaliers de Rhodes restèrent réduits à leurs propres forces. L’histoire a célébré les travaux et les prodiges d’héroïsme par lesquels l’ordre des Hospitaliers illustra sa défense. Après plusieurs mois de combats , Rhodes tomba au pouvoir de Soliman (2). Ce fut un spectacle bien touchant que celui du grand-maître l’Isle- Adam, le père de ses chevaliers et de ses sujets , entraînant avec lui les tristes débris de l’ordre et tout le peuple de

(1) Le pape Adrien, au lieu d’envoyer la flotte d’Espagne au secours de Rhodes, la laissa partir contre les Français. De leur côté les Vénitiens refusèrent de secourir les Rhodiens.

(2) Suivant Bclcairc, le siège de Rhodes coûta aux infidèles près de soixante mille hommes.

4<io HISTOIRE DES CROISADES.

i52i Rhodes, qui avait voulu le suivre. Il aborda sur les côtes du royaume de Naples, non loin des lieux où Virgile fait débarquer le pieux Enée avec les glorieux restes de Troie. Si l’esprit des croisades avait pu se ranimer , quels coeurs seraient restés sans émotion , en voyant ce vénérable vieillard , suivi de ses fidèles compagnons d’infortune , cherchant un asile , implorant la compassion , et sollicitant pour prix de ses services passés un coin de terre où lui et ses guerriers pussent encore déployer l’étendard de la religion et combattre les infidèles.

Lorsque le grand-maître se mit en marche pour Rome, Adrien VI déclarait la guerre au roi de France; une ligue s’était formée entre le souverain pontife , l’empereur , le roi d’Angleterre et le duc de Milan. Dans cet état de choses , les chrétiens d’üricnt ne pouvaient espérer aucun secours. Après la mort d’Adrien , le pape Clément VII se montra plus favorable à l’ordre des Hospitaliers. Il accueillit le grand-maître avec toutes les démonstrations d’une tendresse paternelle. Lorsque dans le consistoire le chancelier de l’ordre raconta les exploits et les revers des chevaliers , le souverain pontife et les prélats de Rome versèrent des larmes et promirent d’intéresser à de si nobles infortunes toutes les puissances du monde chrétien. Malheureusement pour l’ordre de Saint-Jean , les puissances de l’Europe étaient plus que jamais divisées entrcelles. François Rr. fut fait prisonnier à la bataille de Pavie. Le pape, qui avait voulu reprendre le ti-

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