‹ Histoire des croisades (volume 2)Chapitre 227 sur 276 · LIVRE XX · texte numérisé non relu

LIVRE XX

La défaite (les Hongrois porta le désespoir dans 1 5a 4 lame de Clément VII. Le pontife écrivit à tous les souverains de l'Europe ; il avait formé le projet de les visiter en personne , et de les engager , par scs prières et par ses larmes , à défendre la chrétienté (i). Les touchantes exhortations du pape et sou altitude suppliante ne purent émouvoir les princes; et c’est ici qu’on aperçoit la rapide décadence du pouvoir pontifical que nous avons vu naguère armé de toutes les foudres de l’Eglise , et dont les décisions étaient regardées comme des arrêts du ciel. Comme l’empereur troublait l’Italie par son ambition, et refusait de s’associer aux desseins du pontife, la cour de Rome essaya de prêcher contre lui une espèce de croisade , et le pape se mit à la tête d’une ligue, qu’on appela une ligue sainte; mais cette coalition, moitié religieuse, moitié politique , se dissipa comme d’elle-mêmc , et Clément ne tarda pas à être victime d’une vaine hostilité. Les troupes impériales entrèrent dans Rome , comme dans une ville ennemie. L’empe-

une fille de Ladislas , réclamait la possession de ce malheureux royaume. Chaque parti invoqua la puissance de Soliman , qui profita de ces divisions pour ravager le pays et menacer l’Allemagne.

(1) Cette résolution du pape se ralentit. Clément VII se contenta de demander toute l’argenterie des églises d’Italie pour la faire servir à la guerre contre les Turcs, et d’envoyer des légats à l’empereur et au roi de Portugal. (Guicliardiu, liv. xvii.)

rcur, qui prenait le titre de chef temporel de l’Église , ne craignit point de donner à l’Europe le scandale de la captivité d’un pontife. Quoique l’autorité des papes n’inspirât plus le même respect, et qu’on fût bien loin alors du siècle d’InnocentlV et de Grégoire IX , qui avaient accablé l’empereur Frédéric II , néanmoins les violences de Cbarles-Quint excitèrent une indignation générale (1). L’Angleterre et la France coururent aux armes. Toute l’Europe fut troublée : les uns voulaient venger les outrages faits au vicaire de J.-C. , les autres profiter du désordre ; on ne s’occupait plus de défendre la chrétienté de l’invasion des Ottomans.

Cependant Clément VII , du fond de la prison où le retenait l’empereur , veillait encore à la défense de l’Europe chrétienne : ses légats allèrent exhorter les Hongrois à combattre pour leur Dieu et pourleur patrie (2). L’active sollicitude du pape allait chercher des ennemis aux Turcs jusque dans l’Orient et parmi les infidèles. Acomat , qui avait

(0 Suivant Cornélius Fabricius, Soliman lui-même partagea cette indignation. Charlcs-Quint écrivit une longue lettre à son prisonnier pour se justifier. Il y rejetait sur ses généraux les torts que toute la chrétienté lui reprochait. L’histoire ajoute qu’il fit faire des prières dans ses états pour la délivrance du pape.

(2) Par des lettres datées du 14 juin iSag, le pape engagea tous les ordres de l’état en Hongrie à se joindre à Ferdinand, roi de Bohême. Il publia en outre un décret apostolique , qui accordait des indulgences aux fidèles qui

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