‹ Histoire des croisades (volume 2)Chapitre 228 sur 276 · LIVRE XX · texte numérisé non relu

LIVRE XX

secoué en Égypte le joug de la Porte , reçut des en- 1 couragemens de la cour de Rome. Un légat du pape alla lui promettre l’appui des chrétiens de l’Occident. Le souverain pontife entretenait de continuelles relations sur toutes les frontières et dans toutes les provinces de l’empire turc , pour connaître les desseins et les préparatifs des sultans de Constantinople. Il n’est pas inutile de dire ici que la plupart des prédécesseurs de Clément avaient mis comme lui les plus grands soins à surveiller les projets des infidèles. Ainsi les chefs de l’Église ne sc bornaient point à exciter les chrétiens à se défendre sur leur propre territoire ; mais comme des sentinelles vigilantes, ils tenaient sans cesse lesyeux attachés sur les ennemis de la chrétienté , pour avertir l’Europe des périls qui la menaçaient.

Lorsque l’empereur eut brisé les fers de Clément VII , le saint pontife oublia les outrages qu’il avait reçus , pour ne songer qu’au danger de l’empire germanique , qui allait être attaqué par les Turcs (i). Dans les diètes d’Augsbourg et de Spire , le légat du pape s’efforça , au nom de la religion ,

donneraient des secours d’hommes et d’argent ou prendraient les armes contre les Turcs. ( Raynaldi , ad ann. i5ig, n°. au. ) x

(1) Soliman, poursuivant avecardeur son projet d’écraser la chrétienté, vint en i5ag camper sous les murs de Vienne; mais, au rapport d’Istuanfius et de Surius , il fut obligé de lever le siège de cette ville, après y avoir perdu quatrevingt raille hommes.

TOM. v.

4W> IlISTOIRE DES CROISADES. .

iSag de réveiller l’ardeur des peuples de l’Allemagne pour leur propre défense. Un député de l’empereur joignit ses exhortations à celles du légat aposlolique(ï); il fit un appel à l’antique vertu des Germains, et rappela à scs auditeurs l’exemple de leurs ancêtres , qui n’avaient jamais souffert une domination étrangère. Il invita les princes , les magistrats et les peuples à combattre pour leur indépendance et pour leur propre salut. Ferdinand , roi de Bohême et de Hongrie, proposa aux princes et aux Etats de l’empire de prendre des mesures promptes et efficaces contre les Turcs. Ces exhortations et ces conseils obtinrent peu de succès et trouvèrent une forte opposition dans l’esprit toujours plus actif des doctrines nouvelles. Toutes les villes, toutes les provinces, étaient occupées de questions agitées par la réforme. On pouvait alors comparer les peuples de l’Allemagne , menacés par les Turcs , aux Grecs du Bas-Empire , que l’histoire nous montre livrés à de vaines disputes, lorsque les barbares étaient à leurs portes. Ainsi que chez les Grecs, on trouvait parmi les Allemands une foule d’hommes qui redoutaient moins de voir dans leurs cités le turban de Maho-

(i) Riccius, juif converti et devenu médecin du cardinal de Goritz. Le discours qu’il prononça à la diète de Spire, tenue en xSafi ou se trouve dans le tome ut de la

Collection de Slruve. ( Yoy. Bibliotli. des Croisades, tome il. )

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