LIVRE XX. 4Gg
réforme. Les troupes envoyées en Hongrie furent 1 533 battues et dispersées par Soliman. Ferdinand n’eut plus d’autre ressource que de demander la paix aux Turcs. Circonstance digne de remarque : le pape fut compris dans le traité (i); Soliman y donnait le titre de père au pontife romain , et celui de frère au roi de Hongrie. Clément VII, après tant d’inutiles tentatives auprès des princes de la chrétienté, semblait n’avoir plus d’espoir que dans la
impressa Jiierint claris et expressis verbis in eis apponantur; et si in illis defectus aliquis repertus fuerit, tttrn iniprirni aul vennndari non debet, etc. ( Voy. le texte de ce décret dans Raynaldi , ann. i53o.)
(i) Voici les termes du traité qu’Istuanfius nous a laissé :
« Leprince desTurcs, Soliman , reconnaît lepontifeCle'- » ment pour un père, et l’empereur Charles et le roi Fcrdi- » nand pour des frères. Il donnera ordre à Louis Gritto d’en- » gager le roi Jean à céder à Ferdinand la partie de la IIou- » grie qu’il possède maintenant , ou de régler la paix à des » conditions équitables. De son côté, Ferdinand sera tenu » d’envoyer à Soliman les clefs de Strigonium, qu’il rcmet- » tra en signe d’obéissance pour le temps que la paix du- » rera, pendant la vie de l’un ou de l’autre, ou tant que » Ferdinand le voudra. Il sera fait aussi avec l’empereur et » le pontife un traite de sept ans au plus, à condition que » Coron sera rendu à Soliman, qui donnera en échange à » l’empereur ou à Ferdinaud une place eu Hongrie, beau- » coup plus riche que Coron. Il sera également défendu à » Hairadenus, chef de pirates, et aux pirates maures et » turcs , d’infester parleurs excursions ou leurs rapines les » -rivages d’Espagne et d’Italie. » Ce traité fut conclu au mois de décembre 1 533.
i533 Providence, et s’écriait avec amertume, en approuvant l’issuedes négociations pacifiques : « II ne nous reste plus quà supplier le Ciel de veiller luim êrtie au salut du monde chrétien ( i ) . »
On aurait pu croire que les guerres saintes touchaient à leur fin, puisque le chef de l’Eglise avait déposé les armes et fait la paix avec les infidèles. Au reste , ce traité de paix , comme ceux qui l’avaient précédé , ne pouvait être considéré que comme une trêve , et la guerre ne devait pas larder à recommencer , lorsque du côté des chrétiens, ou du côté des Musulmans , on aurait l’espoir de la poursuivre avec avantage. Telle était la politique du temps , et surtout celle qui dirigeait dans leurs relations réciproques les puissances chrétiennes et musulmanes. Soliman avait abandonné ses projets sur l’Allemague et la Hongrie , moins par respect pour les traités , que parce qu’il employait ses forces dans une guerre contre les Persans. D’un autre côté, la chrétienté laissait en paix les Ottomans , parce qu’elle était en proie à la discorde , ot que la plupart des princes chrétiens , occupés de leurs propres intérêts, réécoutaient que les conseils de leur ambition.
L’Europe avait alors trois grands monarques dont les forces réunies auraient suffi pour abattre
(i) Ces expressions se trouvent dans la lettre que le pape écrivit à Ferdinand , roi des Romains, le 1 3 décembre 1 533, pour le remercier du l’avoir compris dans le traité.