LIVRE XX. 47i
ia puissance des Turcs ; mais ces trois princesse , trouvaient opposés entre eux , par la politique autant que par leur caractère et par leur génie. Le roi d’Angleterre , Henri VIII , qui avait réfuté Luther, et qui s’était ligué avec le roi de France, Pour délivrer le pape captif, venait de se séparer de 1 Église romaine. Tantôt l’allié de la France, tantôt l’allié de l’empereur, occupé de faire triompher le schisme dont il était l’apôtre et le chef, il ne portait plus ses pensées vers la guerre d’Orient. François Ier. avait d’abord prétendu à la couronne impériale, ensuite au duché de Milan et au royaume de Naples. Ces prétentions, qui furent, une source de malhenrs pour lui et pour la France, troublèrent tout son règne, et ne lui permirent point de s’occuper sérieusement de la croisade contre les Turcs , croisade qu’il avait fait prêcher lui-1 même dans ses États. Le sentiment de haine et de jalousie qui l’animait contre un rival heureux et puissant , lui inspira deux fois la pensée de rechercher l’alliance des infidèles. Au grand scandale de la chrétienté, ou vit une flotte ottomane accueillie dans le port de Marseille , et l’étendard des lys mêlé à celui du croissant sous les murs de Nicc(i).
(i) En i543, une Hotte turque , sous les ordres de Barberousse , vint joindre la Hotte française dans la Méditerranée, et les deux Hottes réunies firent le siège de Nice. Les habitans de cette ville se préservèrent des maux qu’ils redoutaient de la part des Turcs en se livrant aux Français par une convention militaire. Le roi de France essaya do se justifier auprès du pape de son alliance avec les infidèle»;
47u histoire des croisades.
>543 Cliarles-Quint, maître de toutes les Espagnes , chef de l'empire germanique, souverain des Pays- Bas, possesseur de plusieurs empires dans le Nouveau-Monde , s’occupait bien plus d’abaisser la monarchie française, et d’établir sa domination en Europe, que de défendre la chrétienté. Pendant la plus grande partie de son règne , ce monarque ménagea les partisans de la réforme en Allemagne , à cause des Ottomans , et ne poursuivit point les Ottomans, à cause de ses ennemis dans la république chrétienne. Il se contenta de protéger deux fois la capitale de l'Autriche par la présence de ses armées ; et lorsque le pape le conjura de défendre la Hongrie , il aima mieux porter la guerre sur les côtes d’Afrique. Les puissances barbaresques venaient de se former sous la protection de la Porte- Ottomane, et commençaient à se rendre redoutables dans la Méditerranée. Charles, dans une première expédition, s’empara de Tunis, planta scs étendards sur les ruines de Carthage et délivra plus de vingt mille captifs, qui allèrent publier ses victoires dans toutes les parties du monde chrétien (1). Dans une seconde expédition, il avait le projet de détruire Alger, où se rassemblaient
voyant ensuite qu’il ne retirait aucun fruit de celle alliance, il refusa en 1 544 les services que Barbcroussc lui otfril au nom de son maître et rompit avec le sultan.
(1) L’hislorien Paul Jovc , liv. xxxiv, entre dans de grands détails sur cette première expédition de Cliarlcs- Quint en Afrique, et sur les succès que ce priucc y obtint.