‹ Histoire des croisades (volume 2)Chapitre 247 sur 276 · LIVRE XX. 5o · texte numérisé non relu

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autres étals confédérés, formèrent une armée de 1670-1690 trente mille hommes. Cette armée, réunie à celle de l’empereur , marcha sous les ordres de Montécuculi , et remporta une victoire décisive dans les plaines de St.-Gothard. Les Ottomans sollicitèrent une suspension d’armes ; et les passions jalouses qui avaient empêché d’abord qu’on poussât la guerre avec vigueur, permirent au divan de conclure une paix avantageuse.

Les Ottomans , délivrés ainsi d’une guerre formidable, purent diriger toutes leurs forces contre l’ile et la ville de Candie , que Venise, aidée seulement des vaisseaux du pape et de la bravoure de quelques chevaliers de Malte , ne pouvait plus défendre. La France envoya une flotte et six mille hommes de troupes au secours d’une ville chrétienne assiégée par les infidèles. Ces troupes étaient commandées par le duc dcBeaufort et par le duc de Navailles : l'aventureux duc de La Feuillade alla braver aussi les périls de cette guerre , à la tête de trois cents gentilshommes, qu’il entretintà ses frais.

Parmi les chevaliers que l’amour de la religion et de la gloire conduisit alors en Orient, l’histoire se plaît à citer le comte de St.-Paul, un comte de Bcauveau, un comte de Créqui, et le marquis de Fénelon, dont les soins avaient élevé l’archevêque de Cambrai, et que son siècle regardait comme le modèle des preux. Son jeune fils, qu’il avait conduit avec lui , fut blessé dans une attaque contre les Turcs , et mourut de ses blessures. La France, dans la même expédition, eut à pleurer une autre

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îG’jo-ifigo espérance de la patrie et de la religion, le duc de Beaufort. Mascaron, qui prononça l’oraison funèbre de ce nouveau Macliabée, décrit ainsi son trépas :

« AP rès la fuite de tous les autres, cédant plutôt » au nombre qu’à la force, il tombe sur ses propres » trophées , et meurt d’une mort la plus glorieuse » qu’un héros chrétien puisse souhaiter, l’épée à la » main contre les ennemis de son Dieu et de son » roi, à la vue de l’Afrique et de l’Asie, et,

» plus que tout cela, à la vue de Dieu et de ses » anges. »

Tant de bravoure, tant de sacrifices, ne purent sauver la ville de Candie , qui tomba au pouvoir des Turcs après un siège de vingt-huit mois. Celte conquête rendit à la nation ottomane son fanatique orgueil • dès-lors on répéta plus souvent dans les mosquées les préceptes du Coran, qui ordonnaient de conquérir les pays infidèles. Une grande partie de la noblesse hongroise, qui ne pouvait supporter la domination de l’empereur Léopold , implora les armes de Mahomet IV, et le pressa d’envoyer une armée contre les Allemands. Enfin les janissaires demandèrent à grands cris qu’on portât la guerre sur les rives du Danube, et l’uléma déclara que le temps était venu de soumettre aux lois de l’islamisme les contrées les plus reculées de FOccident.

Le souverain pontife, averti des nouveaux périls de la chrétienté , sollicita les secours de tous les états catholiques : il s’adressa surtout à Jean Sobieski , que sa gloire militaire et surtout ses vic-

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