‹ Histoire des croisades (volume 2)Chapitre 249 sur 276 · LIVRE XX · texte numérisé non relu

LIVRE XX

jours. On envoya le grand étendard des Musulmans 1670-1690 au souverain pontife ; et ce qu’il y eut de glorieux pour la France , le libérateur de l’Allemagne crut devoir adresser à Louis XIV, comme au roi très chrétien, son rapport de la bataille gagnée et du salut de la chrétienté (1). Les Turcs furent poursuivis jusque dans la Hongrie, où les débris de leurs armées ne purent défendre les villes et les provinces qu’ils avaient conquises. La renommée publia les victoires des chrétiens, et de tous les pays de l’Europe on vit accourir une foule de nobles guerriers qui brûlaient de combattre les Turcs. Parmi ces guerriers qu’animait Je zèle de la religion et de la gloire, nous devons citer le jeune duc de Berwick (2), que le malheureux Jacques II envoya

(1) Il est à croire que Sobieski adressa son rapport à Louis XIV , parce qu’il était mécontent de l’empereur d’AlIcmagnej le service qu’il rendait était trop grand pour qu’il n’eût pas à se plaindre de l’ingratitude de ceux qu’il avait sauvés. Il fout voir dans scs lettres à la reine Marie Casimir la manière simple et naïve avec laquelle il exprime son mécontentement, et le flegme jaloux des Impériaux qui , la veille de la bataille , le portaient aux nues , et plus haut , s’il est possible.

(2) Dans l’éloge du maréchal de Berwick , par Montesquieu , ou trouve ce qui suit : « Le duc d’Yorck étant par- » venu à la couronne , le 6 février i685 , il l’envoya » l’année suivante en Hongrie ; il se trouva au siège de » Bude. Il passa l’hiver en Angleterre, et le roi le créa duc » de Berwick. Il retourna au printemps en Hongrie , où » l’empereur lui donna une commission de colonel pour

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1670-1690 deux fois à la défense de l’Europe eide l’Eglise.

Toute cette chevalerie chrétienne fut un modèle d’héroïsme , et rappela les vertus belliqueuses des premiers croisés.

Tandis que les Turcs étaient attaqués en Hongrie par l’élite des soldats de l’Allemagne cl des autres pays de la chrétienté , les Polonais et les Moscovites portaient la terreur sur les rives du Pruth et dans la Crimée. Venise , que le pape avait exhortée à prendre les armes contre les infidèles , déclara la guerre aux Ottomans; les vaisseaux du chef de l’Église et la Hotte de la république parcoururent en triomphe les mers de la Grèce et de l’Archipel. On vit Ilotler l’étendard de saint Pierre et celui de saint Marc sur les remparts de Coron, de Navarin, de Patras, deNapoli de Romanie, de Corinthe, d’Athènes, etc.; lesTurcs perdirent presque

» commander le régiment des cuirassiers de Treff. Il fit la » campagne de 1687, où le duc de Lorraine remporta la » victoire deMoliatz, et à son retour-à Vienne, l’empereur

» le fit sergent de bataille En 1688, la révolution d’An-

» gleterre arriva, et dans ce cercle de malheurs qui envi- » tonnèrent le roi tout-à-coup, le duc de Bcrvvick fut chargé » des affaires qui demandaient la plus grande confiance....»

Voici ce qu’on lit dans les mémoires du maréchal de lîcrwick, écrits par lui-même. nLa brèche ayant été faite à » la première enceinte (ou le siège de Bude en i68tt), ou

» y donna l’assaut O11 fut bientôt repoussé; on y perdit

» peu de soldats; niais nombre de volontaires y furent tués » ou blessés. Le duc de Veyar, grand d’Espagne , fut du » nombre des premiers. »

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