‹ Histoire des croisades (volume 2)Chapitre 26 sur 276 · LIVRE XVII · texte numérisé non relu

LIVRE XVII

lement à lever celle contribution par rapport à la 12G8 croisade ; mais il en avait aussi le droit , à l’occasion d’une cérémonie, alors très importante, dans laquelle son fils aîné, Philippe, devait être reçu chevalier. Ainsi l’impôt fut exigé au nom de la chevalerie et au nom de la religion ; on le paya sans murmurer, parce que Louis en avait confié la perception à des hommes réputés pour leur droiture.

Lorsque Philippe reçut l’épée de chevalier , les Français, et surtout les Parisiens, exprimèrent leur amour pour Louis IX et pour sa famille par des réjouissances publiques ; toute la noblesse accourut des provinces pour assister aux spectacles et aux fêtes qu’on célébrait alors dans la capitale (1).

les gens de la campagne. On choisit, de l’avis des cures, douze liabilans des plus gens de bien de chaque paroisse, qui après avoir fait serment d’observer l’égalité la plus exacte, .taxèrent chacun suivant ses facultés, et furent eux-mêmes taxés par quatre autres , dont le choix était ignoré. Spicileg . , tome 2, pag. 108, cité par l’abbé Velly, année 12G8.

(1) Le roi fit toute la dépense do ces fêles; 011 la fait mouler à i,3oo livres (16,700 fr. d’aujourd’hui). Tout travail cessa à Paris pendant plusde huit jours; les rues étaient ornées de ce que chaque citoyen avait de plus beau en tapisseries. Un nombre infini de fanaux de différentes couleurs, placés sur le soir à chaque fenêtre, ne laissaient point apercevoir l’absence du soleil ; l’air retentissait jour et nuit de mille cris de joie et d’allégresse. Plus de soixante seigneurs reçurent, avec le jeune prince, l’épée de la main du monarque. ( Ilist . de saint Louis, par Filleau de la Chaise , liv. xiv, pag. 542. )

1268 Au milieu des tournois, des combats de barrières et des jeux où éclatait l’adresse des preux et des paladins, la croisade ne fut point oubliée. Le légat du pape prononça dans l’île de Saint-Louis un discours sur les malheurs de la Terre-Sainte ; tout le peuple parut vivement ému des exhortations du prélat 5 une foule de chevaliers et de guerriers de toutes les classes prirent la croix ; ainsi Louis IX trouvait dans cette circonstance l’occasion de lever à-la-fois de l’argent pour l’entretien de son armee, et des soldats pour la guerre sainte.

Tandis que toute la France s’occupait de 1 expédition d’outre-mer , on prêchait la croisade dans les autres contrées de l’Europe; un concile se réunit à Nortliampton , dans le comté du même nom , où la plupart des barons d’Angleterre vinrent entendre les exhortations de l’envoyé de la cour de Rome. Le comte de Leicester avait été tué dans une bataille décisive, et la ligue dont il était le chef ne pouvait plus rien entreprendre contre l’autorité royale (1). Le prince Édouard, fils aîné d’Henri III , dont la valeur brillante avait triomphé des rebelles , soit que la piété de saint Louis eut excité son zèle, soit qu’il voulût acquitter le vœu que son père avait renouvelé tant de lois, prit la croix des mains du légat. Les compagnons de ses victoires et les seigneurs qu’il avait vaincus, s’empressèrent de suivre son exemple; cette ardeur

(1) Voyez Matli. de Westminster , Flor. liisto. , ad ann. 1266, et le lom. 2 des Lettres de Clément IF, cp. 20b.

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