‹ Histoire des croisades (volume 2)Chapitre 260 sur 276 · LIVRE XX. 5ig · texte numérisé non relu

LIVRE XX. 5ig

armées, cl les drapeaux enlevés aux infidèles furent ,71^ déposés sur les autels de la Vierge , dont on avait imploré l’appui (i); circonstance remarquable.

(i) On trouve les faits suivans dans l’histoire du pape Clc'mcnt XI :

« En 1715, Achmet III se disposait à faire la guerre aux chrétiens. Clément se mit en devoir de donner à l’Ordre de Malte et de lui procurer, de la part des princes chrétiens, les secours dont il avait besoin. Peu après, on crut que l’armement regardait la Pologne , ce qui attira toute l’alteutioii du pape sur ce royaume. Il envoya au roi et a la république des secours en argent fort considérables pour les fortifications de Kaminieck... Peu après le Grand- Seigneur tourna tout l'e/Tort de ses armes contre les Vénitiens. La république demanda des secours au pape. Clément s’adressa à tous les princes catholiques , à l’empereur, au roi de Pologne, au roi de France, au roi de Portugal , aux princes de l’empire, aux plus puissans d’entre les évêques et les abbés , au grand-maître de l’Ordre Teutonique et à celui de Malte... Il fit armer en toute diligence ses galères et tout ce qu’il avait d’autres bâtimens, qui allèrent au secours de la flotte vénitienne...

» Comme il n’y avait pas de moyen plus propre à déconcerter les projets des Turcs que de les attaquer du côté de la Hongrie, il écrivit à l’empereur pour l’engager à prendre les armes... »

1716. « Clément XI donne tout l’argent nécessaire pour la levée de six mille Suisses : il s’oblige à payer un subside considérable à l’empereur pendant la guerre, pour le succès de laquelle il disait qu’il vendrait jusqu’aux calices et aux ciboires.

» La flotte du pape fut grossie par les escadres des princes catholiques; le roi d’Espagne envoya douze vaisseaux, le roi de Portugal autant; le grand-maître de Malte ses ga- TOME V. 34

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i 7i5 tandis que l’église de Rome célébrait les exploits et les triomphes des armées chrétiennes , à Constantinople le corps de l’uléma condamnait cette guerre qui lui semblait d’autant plus injuste qu’elle était malheureuse, et le mupliti maudissait ceux qui l’avaient provoquée. Les Ottomans, mettant leur espoir dans la paix , renoncèrent dès-lors à tout projet de conquête ; et satisfaits d’avoir recouvré quelques villes dans le Péloponèse, ne songèrent plus qu’à défendre leur empire, menacé à son tour par les Allemands et les Russes. Dès qu’on n’eut plus d’alarmes pour la chrétienté, l’Eglise n’eut plus à prêcher de croisades contre les Turcs,

lères , ainsi que le grand-duc de Toscane et la république de Gènes... Cette Hotte mit à la voile sous le pavillon de l’Église.

» Après que le prince Eugène eut gagné la bataille de Peter-Waradin... Clément se rendit à la tète du sacré college à l’Eglise de Ste.-Marie-Majeure... L’ambassadeur de l’empereur lui présenta les étendards pris aux Turcs; le pape les fit placer dans cette église et à Notrc-Dame-de-Lorette. »

1717. « La Hotte chrétienne ne fit pas une campagne moins glorieuse que celle de l’année précédente. Les Vénitiens firent une descente dans la Morée , et recouvrèrent la plupart des places que les Turcs leur avaient enlevées deux ans auparavant. »

1718. a Clément XI souhaitait ardemment que les chrétiens profitassent de la supériorité que les succès précédons leur avaient donnée sur les infidèles : encore deux campagnes aussi malheureuses pour eux que les précédentes pouvaient les chasser de l’Europe; mais l’empereur était dans des dispositions contraires, alors occupé de la guerre avec Philippe V, roi d’Espagne. »

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