LIVRE XX
cl les guerres d’Orient n’eurent plus de mobile , -, que l’ambilion des souverains et les souvenirs de l’ancienne Grèce (i).
Cependant Jérusalem , au nom de laquelle on avait entrepris tant d’expéditions lointaines, n’était point tout-à-fait oubliée en Occident. Pendant qu’on s’occupait d’arrêter les invasions des Turcs , des pèlerins , portant le bourdon et la panetière , ne cessaient point de visiter la Terre-Sainte. Parmi les hommes pieux qui depuis le xve. siècle s’étaient rendus sur les bords du Jourdain et sur les ruines de Sion, on remarque le célèbre Ignace de Loyola. Il visita deux fois la Palestine, et comme saint Jérôme, il y aurait terminé ses jours , si les pères Latins ne l’avaient obligé de revenir en Europe , où il fonda à son retour la société de Jésus. Comme avant les croisades, on vit alors les princes se mêler à la foule des chrétiens qui allaient, à Jérusalem. Frédéric III, avant de mouler sur le
(i) Nous ne parlons point de la Grèce soulevée contre les Turcs, et des événemens qui arrivent en Orient au moment où nous achevons d’écrire celte histoire. Lorsqu’on met quelque prix à la vérité, et qu’on l’a cherchée longtemps dans les documens que nous fournit le passé, ou doit toujours avoir quelque crainte de se tromper en parlant du présent et de l’avenir.
Nous croyons qu’on attendra long-temps les résultats de ce qui vient de commencer; il est probable que les questions qu’on agile aujourd’hui, ne manqueront pas de s’agrandir et de se compliquer prodigieusement, avaut d’ètre résolues par des faits décisifs.
trône impérial, (liait allé en pèlerinage à la Terre- Sainte (i). Il nous reste une Relation des voyages que firent sucecssivement dans la sainte cité un prince de Radziwil, un duc de Bavière (2), un duc d’Autriche (3) , et trois électeurs de Saxe (4), parmi lesquels se trouve celui qui fut le protecteur de Luther.
La plupart des souverains de la chrétienté , à l’exemple de Charlemagne , mettaient leur gloire, non plus à délivrer, mais à protéger la ville de Jésus-Christ contre les violences des Musulmans. Les capitulations de François Ier. , renouvelées par la plupart de ses successeurs, renferment plusieurs dispositions (5) qui tendent à assurer la paix des chrétiens, et le libre exercice de la religion chrétienne dans l’Orient. Sous le règne de Henri IV, Deshaycs , ambassadeur de France à Constanlinoplc , alla visiter les fidèles de Jérusalem, et leur porta les consolations et les secours d’une charité toute royale. Le comte de Noinlel , qui représentait Louis XIV auprès du sultan des Turcs, sc
(1) Frédéric III se rendit à la Terre-Sainte eu 1 436.
(2) Henri X , dit le Lion , duc de Bavière j son pèlerinage eut lieu en 1 173.
(3) Albert IV, duc d’Autriche, visita les saints -lieux, en i4oo (Voy. Chronicon austrianum T/iotnœ Ebendorfferi de Haselbach ; scriptores rerum austriacarum voteres, etc.) Ifycron. Fez.
(4) Albert, duc de Saxe, accompagna l’empereur Fréde'ric II en Orient , en 1228.
(5) Les dernières capitulations sont du règne de Louis XV.