‹ Histoire des croisades (volume 2)Chapitre 3 sur 276 · LIVRE XVII · texte numérisé non relu

LIVRE XVII

venus incllre le siège devant Bagdad ; lu ville se ia58 trouvait divisée en plusieurs sectes , plus occupées de se combattre cnlr’elles que de repousser un ennemi formidable. Le calife, ainsi que son peuple, était plongé dans la mollesse, et l’orgueil que lui donnaient les vains respects des Musulmans , lui fit négliger les véritables moyens de défense. Les Tarlares prirent la ville d’assaut et la livrèrent à tous les fléaux de la guerre. Le dernier et le trenteseptième des successeurs d’Abbas, traîné comme un vil captif, perdit la vie au milieu du tumulte et du désordre, sans que l’histoire (1) puisse savoir s’il mourut de désespoir ou s’il tomba sous le glaive de ses ennemis.

Celle violence commise envers le chef de la religion musulmane, et la marche des Mogols vers .la Syrie, jetèrent l’effroi parmi les mainclucks. Ce

cils , ayant à parler h-la-fois de l’Occident , de l’Orient , des chrétiens, des niamclucks, des Tartarcs : ici un peuple qui arrive sur la scène, là un empire qui tombe; tous les événemens se précipitent, se confondent, cl lamarchede l'histoire est embarrassée au milieu do tant de ruines. Nous désirons que le lecteur s’aperçoive du soin que nous, avons pris d’être clair cl méthodique dans des tableaux composés «le matériaux dispersés dans les chroniques orientales et dans celles d’Occidont.

(i) Plusieurs chroni([ucs,cnlr’aulrcs Marin Sanuli , liv.iu, part. xm, ch. vu, cl l’historien IIayton,cli. xxvi, rapportent qu’Oulagou fil enfermer le calife au milieu de scs trésors cl le laissa mourir de faim. Celte circonstance est peu vraisemblable , et n’a point été recueillie par JV1. Dcguigncs.

fut alors qu’ils remplacèrent le fils d’Aibck par un chef qui pût les défendre dans un si grand péril, et leur choix tomba sur Koutouz, le plusbrave et le plus habile des émirs.

Tandis que tout se préparait en Égypte pour résister aux Mogols, les chrétiens semblaient attendre leur délivrance de cette guerre déclarée aux Musulmans; le kan des Tartares avait promis au roi d’Arménie de porter ses conquêtes jusqu’aux rives du Nil, et les chroniques orientales (i) rapportent que les troupes arméniennes s’étaient réunies à l’armée des Mogols. Ceux-ci, après avoir traversé i’Euphrale, s’emparèrent d’Alep , de Damas et des principales villes de la Syrie (a). De toutes parts les Musulmans fuyaient devant les Tartares , et les disciples du Christ étaient protégés par les hordes victorieuses. Dès-lors les chrétiens ne virent plus dans ces redoutables conquérans que des libérateurs. Dans les églises, et sur le tombeau même de Jésus-Christ, on fit des prières

(i) La plupart des historiens ont parlé de cette guerre des Mogols, d’après un ouvrage estimé, intitulé: Fragmcntum de statu Saracœnorum ; il renferme cependant beaucoup de lacune, et doit être complété en plusieurs endroits par l'étude des auteurs orientaux. On trouve aussi dans l’Arménien Ilayton et dans Sanuti quelques renseignemeus précieux ; mais ces auteurs doivent être lus avec précaution et défiance.

(a) Les extraits des auteurs arabes, paragraphe cité plus haut, offrent quelques détails curieux sur cette invasion des •Tarlar?.:. Nous y renvoyons le lecteur.

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