‹ Histoire des croisades (volume 2)Chapitre 33 sur 276 · LIVRE XVII. Og · texte numérisé non relu

LIVRE XVII. Og

même fait naître celte idée , en disant qu’il ne de- i mandait pas mieux que d’embrasser la religion de Jésus-Cbrist (i) : ce qu’il avait dit peut-être pour éviter une invasion , fut précisément ce qui lui attira la guerre. Louis IX répétait souvent qu’il consentirait à passer toute sa vie dans un cachot sans voir le soleil, si, à ce prix , le roi de Tunis se convertissait avec tout son peuple.

Pendant que Louis traversait son royaume pour se rendre à Aigues-Mortes , où devait s’embarquer l’armée des croisés, on implorait partout les bénédictions du ciel pour ses armes; le clergé et les fidèles, rassemblés dans les églises, priaient poulie roi et pour ses enfans, pour tous ceux qui le suivaient. On pria aussi pour les princes et les seigneurs étrangers qui avaient pris la croix, et promettaient d’aller en Orient, connue si on eut voulu par-là les inviter à presser leur départ.

La plupart ne répondirent point à ce religieux appel. Le roi de Castille, qui s’était croisé, avait des prétentions à la couronne impériale, et 11e pouvait d’ailleurs oublier le supplice de son frère Frédéric immolé par Charles d’Anjou. Non seulement les

(1) Geoflroi de Beaulieu s’étend longuement sur les raisons qui déterminèrent Louis IX à aller débarquer sur la côte d’Afrique. Selon cet historien , le roi, avant de faire scs préparatifs pour une seconde croisade, avait reçu du roi deTuuis plusieurs ambassades, et en avait envoyé lui-même à ce prince. Des personnes en qui il avait confiance lui avaient persuadéque le roi deTuuis avait bonne volonléde se faire chrétien, et que s’il en trouvait une occasion liouo-

«o HISTOIRE DES CROISADES.

1170 affaires de l’empire retenaient les princes et les séigneurs allemands , mais la mort du jeune Conradin avait tellement révolté les esprits en Allemagne , que personne dans ce pays n’aurait voulu combattre sous les mêmes drapeaux que le roi de Sicile. Un si noir attentat, commis au milieu des préparatifs d’une guerre sainte, semblait présager de grandes calamités. Dans cette disposition des esprits, on devait être porté à croire que le ciel était irrité contre les chrétiens, et que sa malédiction allait retomber sur les armes des croisés.

Lorsque Louis arriva à Aigues-Mortes, il n’y trouva ni la flotte génoise, ni les principaux seigneurs qui devaient s’embarquer avec lui (1) : les ambassadeurs de Paléologue furent les seuls qui ne se firent point attendre ; car à Constantinople'

rable il changerait de religion , pourvu qu’il put le faire sans crainte de ses Sarrasins et sans compromettre son honneur. I^Vita sancti Lud., cliap. 4o et suiv.) Guill. de Nangis exprime la même opinion : « Il pensoit le très bon roi » chrétien, si ses géants osts et si renommes qu’estoient les » siens , venoient à Thunes soudainement , à peine pour- » roil-il le roi de Thunes refuser ni excuser si raisonnable » occasion de recevoir le saint baptême, etc.» ( Annales du règne de saint Louis, G. de Nangis.)

(1) Le roi, contraint de quitter Aigues-Mortes à canse du mauvais air, alla s’établir à Saint-Gilles, où il tint une cour plénicre, avec cette magnificence qui lui était ordinaire dans les occasions d’éclat. Ces fêtes furent suivies de plusieurs voyages qu’il fit par piété en divers endroits. ( Jlisl . de saint Louis , par Filleau de la Chaise, tom. a, liv. xv , pag. (b.3.)

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