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et sa population , aux villes les plus florissantes tle l’Afrique. On y comptait dix nulle maisons, trois grands faubourgs; les dépouilles des nations, les produits d’un commerce immense l’avaient enrichie ; tout ce que l’art des fortifications peut inventer , avait été employé pour eu défendre l’accès. *
La côte où s’élevait Tunis fut le théâtre de nombreuses révolutions dont les anciens historiens nous ont transmis le récit ; mais l’histoire moderne n’a point de même consacré les révolutions des Sarrasins. On peut à peine suivre dans leur marche les barbares qui plantèrent sur tant de ruines l’étendard de l’islamisme. Tout ce qu’on sait de positif, c’est que Tunis, long-temps réunie au royaume de Maroc, s’en était séparée sous un prince belliqueux, dont le troisième successeur régnait au temps de saint Louis.
La flotte génoise quitta la rade de Cagliari le iS juillet; elle arriva le 17 à la vue de Tunis. En voyant ce formidable appareil de guerre , les liahitans de la côte d’Afrique furent saisis de surprise et d’effroi. Si on en croit Makrisi, le prince de Tunis envoya au roi de France un député, chargé de lui rappeler le souvenir de l’amitié qu’ils s’étaient témoignée réciproquement. Le même historien ajoute que l’ambassadeur musulman offrit à Louis IX quatre-vingt mille pièces d’or, et que le monarque accepta ce présent , sans renoncer à ses projets. Lorsque la Hotte s’approcha de la côte, tout ce qui était sur la rive de Carthage prit la
i jt-o tuile vers les montagnes ou vers Tunis. Quelques vaisseaux qui se trouvaient dans le port restèrent abandonnés; le roi ordonna à Florent de Va rennes , qui remplissait les fonctions d’amiral , de descendre dans une chaloupe et d’aller reconnaître le rivage. Varennes ne trouva personne dans le port, ni sur la rive ; il manda au roi qu’il n’y avait point de temps à perdre et qu’il fallait profiter de la consternation des ennemis. On se rappelle que dans la précédente expédition , on avait précipité la descente sur les côtes d’Egypte; dans celle-ci on ne voulut rien hasarder. Alors c’était la jeunesse qui présidait à la guerre ; maintenant c’étaient la vieillesse et l’àgc mûr. On résolut d’attendre au lendemain (i).
Le lendemain, au lever du jour, la côte parut couverte de Sarrasins, parmi lesquels on voyait un grand nombre d’hommes à cheval. Les croisés ne se mirent pas moins en mesure d’aborder; à l’approche des chrétiens, la multitude des infidèles disparut, et ce fut une grande faveur du ciel , car , au rapport d’un témoin oculaire , le désordre était si grand que cent hommes auraient sulïi pour arrêter toute l’armée.
Lorsque l’armée chrétienne eut débarqué , elle se rangea en bataille sur la rive , et , d’après les lois de la guerre, Pierre de Condet , aumônier du roi.
(i) Consultez, pour les détails de cette expédition , Geoffroi de Beaulieu, Guill. de Chartres, Nangis, Villaui. (Billiolh. des Croisades , tom. t.)