‹ Histoire des croisades (volume 2)Chapitre 37 sur 276 · LIVRE XVII. 7Î · texte numérisé non relu

LIVRE XVII. 7Î

lut à haute voix une proclamation , par laquelle les i vainqueurs prenaient possession du territoire. Celte proclamation , que Louis IX avait rédigée luimême, commençait par ces mots : « Je vous dis le » ban de notre seigneur Jésus-Christ et de Louis,

» roi de France, son sergent (i). »

On débarqua les bagages, les provisions et les munitions de guerre. Une vaste enceinte fut tracée, et on y dressa les lentes des soldats chrétiens. Tandis qu’on creusait des fossés et qu’on élevait des retrauchemens pour défendre l’armée d’une surprise, on s’empara de la tour bâtie à la pointe du cap. Le lendemain cinq cents matelots plantèrent l’étendard fleurdelisé sur le château de Carthage (a). La bourgade de Marza, qui avoisinait le château , tomba aussi au pouvoir des croisés ; on y laissa les malades, et l’armée resta sous les lentes.

Dans une lettre écrite à Mathieu, abbé de St.- Denis , Louis IX raconte lui-même les premiers événemens d’une guerre où tant de revers attendaient les croisés, a Nous sommes arrivés à la vue » de Tunis, dit le pieux monarque, le jeudi d’a- » vaut la fête de sainte Marie-Madeleine ; le ven-

(1) Ce fait sc trouve dans le Spicile'ge , tom. n, page 55a ; il a etc copié par Filleau dû la Chaise, tom. u , pag. 637.

(2) Nous renvoyons aux Pièces justificatives, à la fin de ce volume, les lettres écrites par Pierre de Condet à divers personnages. On y trouvera des détails intéressans sur les opérations de l’armée chrétienne.

1270 ►> dredi nous.avons pris terre sans aucun obstacle; » après avoir fait débarquer nos chevaux , nous » nous sommes avancés jusqu’à l’ancienne ville » qu’on nomme Carthage, et nous avons dressé » notre camp. Nous avons avec nous notre frère » Alphonse, comte de Poitiers et de Toulouse, »> nos cnfans Philippe, Jean et Pierre , notre neveu » Robert , comte d’Artois , et nos autres barons. >» Notre fdle , la reine de Navarre , les femmes des » autres princes , les enfans de Philippe et du >» comte d’Artois sont sur les vaisseaux non loin » de nous; nous jouissons tous, grâce à Dieu, d’une » santé parfaite. Nous vous annonçons qu’après » avoir pourvu à tout ce qui était nécessaire, nous » avons , avec le secours de Dieu , emporté d’as- » saut la ville de Carthage, où plusieurs Sarrasins » ont été passés au lil de l’épée (1). »

Louis IX espérait encore la conversion du roi de Tunis ; mais celte pieuse illusion ne tarda pas à s’évanouir. Le prince musulman envoya des députés an roi pour lui annoncer qu’il viendrait le chercher à la tète de cent mille hommes, et qu’il lui demanderait le baptême sur le champ de bataille; le roi maure ajoutait qu’il avait fait arrêter tous les chrétiens qui se trouvaient dans ses étals, et qu’ils seraient tous massacrés, si l’armée chrétienne venait insulter sa capitale.

(1) Celle lettre, très courte, est datée du jour de la fête de saint Jacques , apôtre , 1270, ai juillet; elle se trouve au lom. 3 du Spicilcge, pag. GG4.

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