‹ Histoire des croisades (volume 2)Chapitre 44 sur 276 · LIVRE XVII · texte numérisé non relu

LIVRE XVII

tre (i). Les Français durent chercher volontiers une distraction à leur douleur sur le champ de bataille. La maladie qui désolait leur armée semblait avoir suspendu ses ravages, et les soldats, long -temps emprisonnés dans leur camp, se sentaient plus de force à la vue des périls de la guerre. On livra plusieurs combats autour du lac de la Goulette dont on voulait s’emparer pour se rapprocher de Tunis (2). Les Maures qui , peu de

(1) L’historien de Gènes Folieta fait, dans les termes suivans, un tableau rapide des suites de celle guerre : Ludovici morte non tamen aut obsidio solula est aut bcllari desituni ; cum christiani nihil obsidione relaxata , codent tempore et urbern nrgerent et tota regione circa excurrenles,Jerro, igni, omnû/ue belli clade grassarentur, Maurique acriter résistèrent , urbem constanler de fendent es ac clirislianis occurrcndo, minus liberos illis excursus facerent , etc.

Cet historien dit qu’il y avait dix mille Génois dans l'armée des croisés , et qu’ils étaient commandés par Ansolde Doria, Philippe Caravonco et François Camilla ; suivanului , ce furent les Génois qui contribuèrent à la prise de la tour de Cartilage. ( Histor . Genuen., lib. v, fol. 96.)

(2) Dans un combat , Hugues et Guy de Beaucci , à la tète de quelques aventuriers, se précipitèrent à travers les escadrons ennemis. Tout plia sous leurs efforts; l’ardeur qui les emportait ne leur permit pas de penser au retour; ils furent enveloppés : tous périrent, après avoir fait un horrible carnage ; mais le comte d’Artois et le roi de Sicile vinrent, avec l’impétuosité de la foudre, et renversèrent les barbares , qui perdirent beaucoup de monde. ( Gestes de Philippe III , ibid. )

(jS HISTOIRE DES CROISADES.

1270 jours avant, menaçaient les guerriers chrétiens de les exterminer ou d’en faire leurs esclaves , ne purent soutenir long-temps le clioc de leurs ennemis ; souvent les arbalétriers suffisaient pour disperser leur innombrable multitude. Des liurlemens horribles , des bruits de timbales et d’autres instrumens, annonçaient leur approche; des nuages de sable, partis des hauteurs voisines, annonçaient leur retraite et dérobaient leur fuite. Dans deux rencontres, ils furent atteints et laissèrent un grand nombre des leurs étendus dans la plaine. Une autre fois leur camp fut enlevé et livré au pillage. Le souverain de Tunis ne pouvait plus compter sur son armée pour la défense de ses états; luimème ne donnait point à ses soldats l’exemple de la bravoure ; il restait sans cesse renfermé dans des grottes souterraines pour se dérober à-la-fois aux rayons brùlans du soleil et aux périls des combats. Pressé par scs craintes, il ne vit plus enfin de salut pour lui que dans la paix ; il résolut de l’acheter au prix de tous ses trésors. Ses ambassadeurs vinrent plusieurs fois à l’armée chrétienne, chargés de faire des propositions , et surtout de séduire Je roi de Sicile par les plus brillantes promesses.

Quand le bruit de ces négociations se répandit dans le camp des croisés, il y fit naître des opinions différentes. Les soldats à qui on avait promis le pillage de Tunis voulaient continuer la guerre. Quelques-uns des chefs à qui on avait donné d’autres espérances, ne montraient pas la meme ardeur que les soldats. Par la mort de Louis IX et

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