LIVRE XVII. ii
sèrent. Au milieu de la contestation élevée à ce ia(io sujet, le neveu du commandant mogol fut tué (i). Dès-lors , ce chef des Tartnres déclara la guerre aux chrétiens, ravagea le territoire de Sidon,et menaça celui de Ptolémaïs. A l’aspect de leurs campagnes désolées, toutes les illusions des chrétiens s’évanouirent; ils n’avaient point eu de mesure dans leurs espérances et dans leur joie, ils n’en eurent point dans leur douleur et dans leurs craintes. Les alarmes que leur donnait un peuple barbare leur firent oublier que tous leurs maux venaient de l’Egypte, et comme on n’attendait point de secours de l’Occident, plusieurs mirent leur espoir dans les armes des mamelucks.
Déjà une grande partie de la Palestine était envahie par les Mogols, lorsque le sultan du Caire vint au-devant d’eux avec son armée; il resta trois jours dans le voisinage de Ptolémais, où il renouvela une trêve avec les chrétiens. Bientôt une bataille fut livrée dans la plaine de Tibériade ; Kelboga perdit la vie au milieu du combat , et l’armée des Tartares, battue et dispersée, abandonna la Syrie (2).
(1) L’historien Ilayton , qui donne des details sur cel événement, dit que Kelboga s’empara de Sidon et détruisit une grande partie des murs de la place. ( Hist. orient. , cliap. 3o.) O11 peut consulter aussi le Mémoire de M. Abel- Rémusat sur les rapports des princes chrétiens avec l’empire des Mogols, tome vr, des nouveaux Me'nt. de C Académie des inscriptions, pag. 4 <->5 et suiv.
(2) Le sultan du Caire eut beaucoup de pciue, au rap-
Go De quelque côte qu’eût penché la victoire, les chrétiens n’avaient rien à espérer du vainqueur; les Musulmans ne pouvaient leur pardonner d’avoir recherché l’appui des Mogols victorieux, et profité de la désolation de la Syrie, pour insulter aux disciples de Mahomet. À Damas, on démolit les églises (i); les chrétiens furent persécutés dans toutes les villes musulmanes, et ces persécutions étaient le présage d’une guerre où le fanatisme devait exercer toutes ses fureurs. De toutes parts il s’élevait des plaintes et des menaces contre les Francs de la Palestine; le cri de guerre aux chrétiens ! retentissait dans toutes les provinces soumises aux mamelucks; l’animosité était si grande que le sultan du Caire, qui venait de triompher des Tartares, fut victime de sa fidélité à observer la dernière trêve conclue avec les Francs. Bibars , qui avait tué le dernier sultan de la famille de Saladin, profita de cette effervescence des esprits, et s’efforça de se faire un parti contre Koulouz, en affectant une grande haine contre les chrétiens , en reprochant au sultan une criminelle modération pour les ennemis de l’islamisme.
porl de Makrisi, à déterminer ses émirs à le suivre dans la Palestine. Ce fut Bibars qui prit les devants, et qui alla s’emparer de Gaza que les Tartares occupaient. Les chrétiens, suivant le même historien , vinreut au-devant du sultan avec des présens, et lui offrirent des secours. Koulouz les remercia et leur fil jurer une parfaite neutralité.
(i) Voyez les extraits des auteurs arabes.