‹ Histoire des croisades (volume 2)Chapitre 58 sur 276 · LIVRE XVIII. ia · texte numérisé non relu

LIVRE XVIII. ia

dans leur patrie. Tous les résultats de cette croi- i sade , qui devait répandre tant d’effroi parmi les infidèles, se réduisirent , d’un côté, au massacre delà population désarmée de Nazareth, de l’autre, à la vaine conquête des ruines de Carthage. Un autre résultat de cette guerre, pour l’Europe comme pour les pays d’outre-mer, fut de décourager presque entièrement les guerriers chrétiens, et de leur faire oublier Jérusalem. Après Edouard , aucun prince ne passa la mer pour aller combattre en Asie les infidèles, et la petite armée qu’il conduisit jusqu'en Syrie fut la dernière qui partit de l’Occident pour la délivrance ou le recouvrement de la Terre-Sainte. Ainsi la seconde croisade de saint Louis , qui avait pour objet de sauver les colonies chrétiennes, ne fit, comme nous le verrons bientôt, que précipiter leur chute.

Parmi les circonstances qui firent échouer cette croisade , l’histoire ne doit pas oublier la longue vacance du Saint-Siège , pendant laquelle aucune voix ne se fit entendre pour animer les croisés. Cependant le conclave, après deux ans , choisit un successeur de saint Pierre; et, par une circonstance heureuse pour les chrétiens d’Orient, les suffrages des cardinaux tombèrent sur Thibault , archidiacre de Liège , qui avait suivi les Frisons en Asie , et que la nouvelle de son élévation trouva encore dans la Palestine (i). Les chrétiens de Syrie

(i) Thibault, archidiacre de Licge , fut clu pape aux

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127 1 durent espérer que le nouveau pontife, long-temps témoin de leurs périls et de leurs misères, ne manquerait pas d’employer tout son pouvoir pour les secourir. Thibault leur en donna l’assurance avant de quitter Ptolémaïs , et dans un discours qu’il adressa au peuple assemblé, il prit pour texte ce verset du psaume i3G : Si je t’oublie jamais , 6 Jérusalem , t/ue je sois moi-même oublié parmi les hommes (1).

Le patriarche de Jérusalem, les grands-maîtres du Temple et de l'Hôpital, accompagnèrent Grégoire X en Occident. A son retour, le pontife s’appliqua d’abord à rétablir la paix en Italie et en Allemagne. Il engagea les princes et surtout le roi de France (2), à réunir leurs efforts pour secourir

calendes de septembre 1271 , après une vacance du Saint- Siège , qui dura deux ans, neuf mois et deux jours, depuis la mort de Clément IV ; il prit le nom de Grégoire X.

(1) Sanuti , liv. ni, part. 12, chap. a3, rapporte ces paroles que Grégoire, eu quittant Ptolémaïs, adressa au peuple assemblé :

Si oblilus Juero tui Jérusalem obhWoni deliir dextera mca; adhœreat lingua rnca Jaucibusmeis, si non meminero tui: si non proposuero Jérusalem in principio lœtitiæ rneæ. L’historien ajoute , le pape ne l’oublia pas en effet ; il sc proposa surtout de convoquer un concile pour venir au secours de la Terre-Sainte.

(2) Grégoire X envoya l’arclievcque de Corinthe eu qualité de légat auprès de Pliilippe-le-Hardi , pour l’exciter à secourir la Terre-Sainte. Il accorda à ce prince vingt-cinq mille marcs hypothéqués sur toutes les propriétés des Tcin-

Digiti;

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