‹ Histoire des croisades (volume 2)Chapitre 71 sur 276 · IO · texte numérisé non relu

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i2'9 sant. On avait chargé les peuples d’impôts pour la dernière croisade; la publication d’une croisade nouvelle irrita les esprits ; les ennemis de Charles ne voyaient dans la croix des pèlerins que le signal de la violence et du brigandage : c’est sous cette bannière sacrée, disaient-ils, qu’il a coutume de répandre le sang innocent ; on se rappelait encore que la conquête de Naples avait été faite sous les drapeaux de la croix ; enfin le signal delà révolte étant donné, huit millcFrançais furent immolés aux mânes de Conradin , et les Vêpres siciliennes , dont le résultat fut de faire passer la Sicile sous la domination des princes d’Aragon , achevèrent de détruire tous les desseins de Charles sur l’Orient.

Kelaoun poursuivait toujours ses projets; mais il lui manquait une flotte pour assiéger par mer les villes chrétiennes; accoutumé à considérer lesétablisscmens des Francs comme une proie qui ne pouvait lui échapper , il attendait patiemment le moment favorable, et ne craignait point de renouveler des traités de paix avec des principautés et des villes qu’il voulait détruire. Quoiqu’il n’cùt plus rien à redouter de la part des Mogols , ni de la part de la chrétienté, il consentit à conclure une nouvelle trêve (i) avec les Francs de Plo-

(i) On peut lire les conditions de ce traité et de ceux qui suivent dans noire Bibliothèque des Croisades , Extraits des auteurs arabes, §, 100. M. Reinaud, à qui nous en devons la traduction, les a accompagnés de quelques observations qui jettent un nouveau jour sur le droit public du moyen âge.

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