‹ Histoire des croisades (volume 2)Chapitre 79 sur 276 · LIVRE XVIII. i · texte numérisé non relu

LIVRE XVIII. i

traire était maître de le violer, et d'attirer ainsi 1289 sur la ville tous les maux que cette violation pouvait entraîner.

Après la prise de Tripoli , le sultan du Caire menaça la ville de Ptolémaïs ; cependant , soit qu’il redoutât le désespoir des chrétiens , soit qu'il ne jugeât point encore le moment favorable, il céda à quelques sollicitations (i), et renouvela avec les liabitans une trêve pour deux ans, deux mois , deux semaiues, deux jours et deux heures. Au rapport d’une chronique, le légat du pape désapprouva le traité , et fit insulter des marchands musulmans qui s'étaient rendus à Ptolémaïs -, les Templiers et les autres ordres militaires voulaient faire réparation au sultan d’Egypte ; le légat s’y

(i) Suivant Marin Sanuti, liv. in, part, xn, cliap. 20, le roi Henri, après avoir fait une trêve avec le sultan , s’en retourna dans l’île de Chypre, laissant son frère Amauri pour garder Ptolémaïs. Il envoya au pape Nicolas IV Jean de Grelli , pour solliciter des secours. Le pape s’adressa à Édouard , roi d’Angleterre , qui avait témoigné auparavant aux pontifes Martin et Honoré le désir de se dévouer à la croisade. Dans l’année 1290, il envoya une circulaire à tous les fidèles de la chrétienté pour les exhorter à secourir la Terre-Sainte. (Voy. Annal, ecclés., ad ann. 1289, ad finem, et 1290, n05. 1 et 2. ) Voyez aussi dans les actes de Ryiner, sous les dates de 1290 et 1291, la déclaration du roi d’Angleterre, concernant la dîme qu’il avait reçue pour secourir la Terre-Sainte, et les différentes bulles du pape en réponse aux demandes que ce prince lui avait faites à ce sujet.

ifij HISTOIRE DES CROISADES,

j.jfto opposa , et menaça d’excommunier (i) ceux qui auraient la moindre relation avec les infidèles.

Un auteur arabe donne une autre cause à la rupture des traités. Il raconte que la femme d’un riche habitant de Ptolémaïs , éprise d’un jeune Musulman , s’était rendue avec lui dans un des jardins qui environnaient la ville ; le mari , averti de cet outrage fait à la foi conjugale , rassemble quelques amis , sort avec eux de Ptolémaïs (2) , surprend sa femme avec son corrupteur, et les immole tous deux à sa vengeance. Quelques Musulmans accourent du voisinage ; les chrétiens ar- > rivent en plus grand nombre ; la querelle s’échauffe et devient générale ; tout ce qu’on rencontre de Musulmans est massacré.

Ces violences, que la renommée 11e manquait pas d’exagérer dans ses récits , pouvaient donner au sultan d’Egypte un prétexte pour recommencer

(1) Nous trouvons cc fait dans deux chroniques d’Autriche, qui ont pour titre, l’une, Chronicon anonymi Leobensis ; l’autre, Thomas Ebendorferri de Haselbuch Chronicon. La première dit que le légat fit rassembler le peuple de Ptolémaïs , qu’il lança contre lui les anathèmes de l’Eglise , et s’embarqua ensuite pour retourner à Rome. Il est certain que le légat du pape 11e resta point en Palestine ; car il ne fut poiul question de lui pendant le siège de Ptolémaïs. (Yoy. les Extraits des auteurs allemands. Bibliothèque des Croisades, tom. it.)

(2) Cette circonstance est rapportée dans la vie du sultan Kelaoun. (Yoy. les Extraits des mauuscrits arabes, par -M. Reinaud, §. io5. )

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