‹ Histoire des croisades (volume 2)Chapitre 81 sur 276 · LIVRE XVIII · texte numérisé non relu

LIVRE XVIII

l’occasion favorable pour accomplir scs projelsjil 1290 savait qu’aucune croisade ne se préparait en Europe (1), et que tous les secours de l’Occident se re'duisaient à ces aventuriers qui venaient de rompre la trêve. Kelaoun renvoya les ambassadeurs , en menaçant de toute sa colère la ville do Ptolémaïs; déjà ses ordres étaient donnés pour qu’on fit des préparatifs de guerre dans toutes ses provinces.

Au retour des ambassadeurs (2) , on assembla à

Relation manuscrite, dont nous donnons l’analyse aux Pièces justificatives, renferme le discours plein de reproches que le sultan adressa aux députés d’Âcre.

(1) Ce ne fut pas la faute du pape Nicolas si l’Europe ne fournit point de secours aux chrétiens d’Orient. Ce pontife s’était adressé aux rois de France et d’Angleterre. Le premier refusa de se mêler des affaires de Syrie. Le second demanda qu’on lui accordât des décimes, et quand il les eut obtenues il n’envoya aucun secours. (Voyez les lettres du souverain pontife et celles du roi d’Angleterre dans les Annal, cccles., ad ann. 1290, n,,s. 9 et suiv. , et 1291, nos. 1 et suiv. On voit sous la date de celte dernière année tous les efforts que fit inutilement le pape pour prévenir la ruine entière des colonies chrétiennes.

(2) Outre les auteurs arabes, nous avons consulté, sur le siège de Ptolémaïs, Sauuti, Herman et la Relation d’un témoin oculaire. Celte Relation, écrite d’abord en français du temps, traduite en latin sous le litre de Excitlio urbis Acconensis, paraît avoir été rédigée d’après une lettre de Jean de Vile, maréchal de l’hôpital de St. -Jean , qui écrivait à son frère Guillaume de Vile, prieur de Sl.-Gilcs en Provence. Jeau de Vile s’était trouve à Ptolémaïs, ou bien il

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2qo Ptolémaïs un grand conseil auquel assistèrent le patriarche de Jérusalem , Jean de Gresli , qui commandait pour le roi de France, Messire Oste de Granson pour le roi d’Angleterre , les grands-maîtres du Temple et de l’Hôpital, les principaux de la cité, un grand nombre de bourgeois et de pèlerins. Quand les députés eurent rendu compte de leur mission, et rapporté les menaces du sultan d’Egypte , le patriarche prit la parole : ses vertus , scs cheveux blancs, son zèle pour la cause des. chrétiens, inspiraient la confiance et le respect. Ce vénérable prélat exhorta tous ceux qui l’écoutaient à s'armer pour défendre la ville , à se ressouvenir qu’ils étaient chrétiens et qu’ils devaient mourir pour la cause de Jésus-Christ (i) ; il les conjura d’oublier leurs discordes; de n’avoir d’autres ennemis que les Musulmans , et de se montrer dignes de la sainte cause pour laquelle ils allaient combattre. Son éloquence réveilla dans son auditoire des sentimens généreux; tous jurèrent d’obéir aux ex-

avait écrit sur le témoignage de quelques Hospitaliers qui avaient échappé au glaive des Musulmans et qui s’étaient retirés dans l’île de Chypre. La Relation latine a été recueillie par dom Martennc , ampliss. collect. La relation française , restée manuscrite est à la Bibliothèque du Roi , n°. layo. Nous en donnerons un extrait dans les Pièces justificatives.

- (i) Suivant la Relation manuscrite , ce fut à la suite de cette assemblée que les chrétiens d’Acrc envoyèrent en Europe informer le pape et les princes que le sultan devait venir assiéger la ville au temps qu’il avait fixé.

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