‹ Histoire des croisades (volume 2)Chapitre 83 sur 276 · LIVRE XVIII · texte numérisé non relu

LIVRE XVIII

tre les chrétiens (1) , le conjurant de ne point lui iuqo accorder les honneurs de la sépulture avant d’avoir conquis la ville de Ptolémaïs. Clialil jura d’accomplir les dernières volontés de son père; et lorsque Kelaoun eut fermé les jeux , les ulémas et les imams se rassemblèrent dans la chapelle où ses restes furent déposés, lurent pendant toute la nuit les versets du Coran , et ne cessèrent d’invoquer leur prophète contre les disciples du Christ (s). Clialil ne tarda pas à se mettre en marche avec son armée; les Francs espéraient que la mort de Kelaoun ferait naître quelques discordes parmi les mamelucks ; mais la haine des chrétiens suffisait pour réunir les soldats musulmans ; le siège même de Ptolémaïs, l’espoir d’anéantir une ville chrétienne, étouffa tous les germes de divisions, et consolida la puissance de Clialil , qu’on proclamait d’avance le vainqueur des Francs et le pacificateur de la religion musulmane.

Le sultan arriva devant Ptolémaïs ; son armée couvrait un espace de plusieurs lieues, depuis la mer jusqu’aux montagnes. Tous les Musulmans étaient accourus des bords de l’Euphrate, des bords de la mer Rouge, de toutes les provinces de la Syrie et de l’Arabie : on s’occupa de construire des be-

(1) Voyez le Recueil de Canisius , anliq. Icct. , t. vi , pag. 27, Epitom.belli sacri.

(2) Ce fait est rapporte par Ibn-Ferat, qui ajoute que le sultan distribua au peuple de l’argent, et fit de grandes aumônes. (§. io5, Extrait des auteurs arabes.)

liers, des catapultes, des galeries couvertes j le* cèdres du Liban et les chênes qui couvraient les montagnes de Naplouse (1), tombés sous la coignéc des infidèles , avaient été transportés soi les murs de Ptolémaïs. Plus de trois cents machines de guerre étaient prêtes à foudroyer Ici remparts de la ville. L’historien Aboulféda , qu assistait à ce siège, parle d’une de ces machines qui cent cliarriots suflisaient à peine à transporter.

Ce formidable appareil jeta la consternaliorjjl parmi les liabitans de Ptolémaïs ; le grand-maîlr<|l du Temple , désespérant de la défense et du salull de la ville , assembla les autres chefs pour savoir! s’il restait quelques moyens de renouveler la trèv* et d’échapper ainsi à une ruine inévitable (2). S’é-! tant rendu à la tente du sultan , il lui demanda lal

(1) O11 se rappelle que les compagnons de Godefroi de Bouillon trouvèrent dans ce lieu du bois pour la conslruc-fl lion de leurs machines ; c’est la forêt dont parle Le TnsscH M. l’abbé Desmasures, un des pères latins de la Terre-* Sainte, et M. Champmarlin, peintre distingué, ont re-B connu cette forêt, d’après les indications que nous avonifl données dans notre premier volume : nous en avons souflH les yeux, un tableau qui a été fait sur les lieux. Les deun voyageurs ont daigné rendre justice à l’exactitude de nojjl descriptions; ce témoignage est le prix le plus flatteur quçjl nous ayons pu recueillir d’un travail obstiné et conscicull cicux.

(2) Ce fait est rapporté par la chronique allemande daB Thomas Ebcndorlfcr. (Voyez la Biblioth. des Croisades loin. 11, pag. 1 15. )

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