‹ Histoire des croisades (volume 2)Chapitre 90 sur 276 · LIVRE XVIII · texte numérisé non relu

LIVRE XVIII

le signal d’un nouvel assaut. Dès le lever du jour 1291 l’armée musulmane était sous les armes; le sultan animait les soldats par sa présence. L’attaque et la défense furent beaucoup plus vives et plus opiniâtres que dans les jours précédens. Parmi ceux qui tombaient sur le champ de bataille , on comptait sept Musulmans pour un chrétien ; mais les Musulmans pouvaient réparer leurs pertes; celles des chrétiens étaient irréparables. Les Sarrasins dirigèrent encore tous leurs efforts contre la tour et la porte Saint-Antoine.

Ils étaient déjà sur la brèche, lorsque les chevaliers du Temple prirent la résolution hardie de sortir de la ville, et d’attaquer le camp des Musulmans. Us trouvèrent l’armée ennemie rangée,en bataille ; après un combat sanglant, les Sarrasins repoussèrent les chrétiens, et les poursuivirent jusqu’au pied des remparts. Le grand-maître du Temple fut atteint d’une flèche et tomba au milieu de ses chevaliers. Le grand-maître de l’Hôpital reçut en même temps une blessure qui le mit hors de combat. Alors la déroute devint générale ; on perdit tout espoir de sauver la ville. Il restait à peine mille guerriers chrétiens pour défendre la porte Saint-Antoine coulre toute l’armée musulmane.

gats; mais on lit dans une Chronique d’Occident qu’un Franc, banni de Ptolémaïs pour cause de meurtre, s’élait retiré auprès du sultan d’Egypte, et qu’il lui enseigna les moyens de prendre la ville.

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1291 Les chrétiens furent obligés de céder à la multitude de leurs ennemis ; ils se dirigèrent vers la maison du Temple , située du côté de la mer. Ce fut alors qu’un crêpe de mort s’étendit sur toute la ville de Ploléma'is ; les Sarrasins s’avançaient pleins de fureur ,(1) ; il n’y avait point de rue qui ne fût le théâtre du carnage ; 011 livrait un combat pour chaque fort, pour chaque palais, à l’entrée de chaque place ; et dans tous ces combats il y eut tant d’hommes tués, qu’au rapport d’un chevalier de St. -Jean, on marchait sur les morts comme sur un pont.

Alors, comme si le ciel irrité eut voulu donner le signal de la fin de toutes choses , un violent orage , accompagné de grclc et de pluie, éclata sur la ville; l’horizon se couvrit tout-à-coup d’une si grande obscurité, qu’on pouvait à peine distinguer les enseignesdes combattans,et voir quel drapeau flottait encore sur les tours ; tous les fléaux concouraient à la désolation de Ptolémaïs ; l’incendie s’alluma dans plusieurs quartiers, sans que personne s’occupât de l’éteindre ; les vainqueurs ne pensaient qu’à détruire la ville, les vaincus ne songeaient qu’à fuir.

(1) La Chronique de Thomas Ebendorfler dit que lorsque le sultan fut entre dans Acre, il fit couper en morceaux les ecclesiastiques, tuer à coups de flèches les hommes, et périr dans toutes sortes de tournions tous les laies cl les cnfans des deux sexes avec leurs mères, au nombre de trente mille. ( Biblioth . des C/vis., tom. 11.)

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