‹ Histoire des croisades (volume 3)Chapitre 18 sur 30 · EMPEREURS DE CONSTANTINOPLE · texte numérisé non relu

EMPEREURS DE CONSTANTINOPLE

De la maison des comtes de Flandre ;

Baudouin IX , comte de Flandre et de Hainaut , règne depuis iao4 jusqu’en iaoG;

Henri, son frère, depuis 1206—1216.

De la maison de Courtenay.

Pierre, comte d’Auxerre, règne de 1 a 16 — 1 a 1 g ;

Robert , son fils , de x 2 1 9 — 1 aa8 ;

Baudouin I*'., de 1237 — ia63.

De la maison de Brienne.

Jean de Brienne, de 1228—1937. 11 ne possédait qu’à viager la dignité impériale.

Outre ces empereurs , qui régnèrent effectivenlent sur les Latins, il faut ajouter les noms des empereurs titulaires de Constantinople, c’est-à-dire ceux qui n’occupant ni la capitale ni les provinces du vieil empire des Grecs , prirent cependant aussi le titre d 'empereur ; en voici la liste ;

Philippe de Courtenay;

Charles , comte de Valois ; <

Philippe II, prince de Tarente;

, Robert II , prince de Tarente ; "

Philippe III , prince de Tarente ;

Jacques du Beaux.

La puissance des patriarches fut souvent l’égale de celle des empereurs ; c’est pourquoi , avec le catalogue des empereurs de Constantinople, nous nous proposons de faire connaître la liste des ptriarches :

Thomas Morisini , élu en i2o5, confirmé par le pape Innocent en décembre même année, occupe le siège de Constantinople jusqu’en iai5;

Gervais, élu en iai5 jusqu’en 1220;

Mathieu, élu en 12,20, censuré , ou , sélon quelquesuns, déposé par le pape;

Jean d’Abbeville, fait patriarche en 1226, refuse; Simon , de 1226— ia3 1 ; Vf/'.

Nicolas, de i23i — 1201;

Pantaléon Zustignani, de t.25i — 1257;

Hugolin,

Gotio,

Robert ,

Henri , *

Guillaume,

Pierre Thomas ,

Paul ,

Jacques de Viss ,

Bessarion.

Voici quelles étaient les dépendances ecclésiastiques d# patrûychat de Constantinople, et par conséquent la situation de l’église grecque. Ce patriarchat contenait trentedeux provinces (^provincia ). ^

Athènes. Elle avait quinze suffragans ,* qui étaient les évêques de Nègrepont , des Thermopyles , de Mégare , de Daulis , d’Arlona , de Zofcon ,' de Caryste, de Corone en Béotie, d’Andros, de Scyros, deCéos, d’Éginç, de Cithnos , de Salona et de Réos; ^ -

2®. Cesare'e. Pas de suffragant ; •*

Pierrg , Léonard

Ces patriarches occupèrent le siège de Constantinople après la prise de cette capitale par les Grecs.

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3°. Cor/bu. Idem ;

4". Corinthe. Dix suffragans; les évêques de Céphslo-, nie, Zante, Malvoisie, Damalas, Gilas, Giuienès, Argos, Lacédémone, Mana et Christian a polis}

Ù°. Crète on Candie. Dix suffragans, les évêques de Cliironis , Sitia , Arcadia (Crète), Calamona , Agria , Cysanos , Cantanuin , Ariensis , Milopotamon , Hierapqtra ;

6°. Cysite. Quatre évêques suffragans , les évêques d’Adrymitta , Libari, Puconnesus , Perimn ;

y". Dimtehium. Cinq évêques, Kerniciensis , Prisca , Lyssiensis et Candaria.

8’“. Éphèse. Trois suffragans, les évêques de Pergamc, Dimitri et Aureliopolis ;

9°. Arulrinople. Trois suffragans , les évêques de Sozopolis, Scopeli et Agalopolis;

10°. Heraclée. Iluit suffragans, les évêques de Panis, Salymbria , Mizinum , Gillipolis , Cliersonèse, Kodosto , Peristanim et lîizia ;

' 1 1°. Hierapolis. Un évêque suffragnnt, celui d’Ancyre ; ,

1 2°. Larisse. Huit suffragans , les évêques de Cardiki , Dvmicus , Démctrias , Sidonia , i>azorà , Calodome , Lidori , Tlièbes ou Zeituni j • ' i3*. Macra. Pas de suffragans ;

j 4°. Mjtilène. Idem. ; . a* .

ij°. Naupacte. Quatre suffragans, les évêques dé Bnthrote,, Nicopolis, CrOnon , Aclon ;

i6°. Naxos. Trois suffragans , les évêques de Sant^ rin ”, Thera et Céos ;

iy°. Neopacensii. Tas de suffragans ; ■

i8°. Neopalras. Un sufiiagant , levêque de Lavata ; iç)°. Nicomc'die. Deux suffragans, les évêques de ChaL* cédoine et de Césarée ;

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20°. Le Vieux-Patras . Cinq suffragans , les évêques d’Amyçlée , de Methon , Coron , Aline et Audrevida ;

at°. Philippe. Deux suffragans, les évêques de Valacliie et de Christopolis ;

22°. Rhodes. Cinq suffragans , les évêques de Nizerias, Milos, Carpatur, Tine , Micone et Cliios ;

23°. Sardes. Un suffragant , Tripoli ;*

24° • Sebaste. Deux suffragans , les évêques de Sebastopolis et Berythe ;

25°. Scherres. Un suffragant , l'évêque de Zichna ;

26°. Smyrne, Un suffragaut , l’évêque de Phocée ;

27®. Thèbes. Deux suffragans , les évêques de Castoria et de Zarratori ;

28°. Thessalonique. Un évêque suffragant, celui de Cythron ;

29°. Trajanopolis. Un évêque suffragant, celui de llhasium ;

3o°. Trébisonde. Pas de suffragant;

3 1°. Nerisi. Quatre suffragans , les évêques de Rusoli , Apt , Ptolène et Médène ; ,

3a*. Zichia , en Scythie. Onze suffragans, les évêques de Caffa , Soldaia , Sarra , Camachus , Sybala , Tlianos, Chersonèse , Bospore , Matriga , Syba et Lücco.

On sait que, dans la hiérarchie ecclésiastique , le suffragant dépend , pour sa juridiction spirituelle , du métropolitain.

§. II. — Royaume de THèssalonique .

L’existence de cette principauté latine fut moins longue et bien moins brillante que celle de l’empire fondé sur les ruines de Bisance; le royaume de Thessalonique ne comprit d’abord que la portion de territoire qui environne la

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ville de ce nom. Mais les conquêtes successives des chevaliers et des barons ajoutèrent à ce premier territoire les villes de Serre et de Bentrée, le détroit de Thessalie et les rives du beau fleuve Pénée, célèbre dans l’antiquité païenne , de sorte que le royaume franc de Thessalonique devint encore un des beaux lots de la conquête.

D'après les clauses de la convention de partage, le royaume de Thessalonique , sans relever précisément de l’empire, avait été astreint à quelques devoirs de féauté; ils furent l'objet des premières discussions , et l’on vit alors le marquis de Montferrat combattre contre ses frères d’armes venus de l’Occident, et se réunir au prince grec du pays, leur ennemi commun. Mais la paix s’étant faite et consolidée par l’instinct de l’intérêt mutuel , le marquis continua ses conquêtes à travers l’Olympe et l’Ossa. Il avait parmi ses plus redoutables adversaires , l’empereur grec Alexis, qui setait joint à Léon Sgure, guerrier vaillant, seigneur de Napoli et de Corinthe; Léon et Alexis s’étaient retranchés dans les défdés inexpugnables de l’Olympe; mais l’habile marquis de Montferrat, guidé par des gens qui connaissaient les localités, sut échapper à la nécessité de franchir les Thermopyles; de sorte , dit le savant Ducange , qu'il arriva sans coup férir au détroit fameux de ce nom , où Léonidas , capitaine lacédémonien , arrêta , avec trois cents hommes , une puissante armée de Xerxès, roi de Perse. Le marquis pénétra sans résistance dans la Béotic et l’Attique, s’empara de Thèbes , d’Athènes et d’Argos, qui furent confiées, à titre de fief, à Otlion de Laroche.

Ce fut sur ces entrefaites que se donna la malheureuse bataille d’Andrinople , où l’armée des Francs fut dispersée par les Bulgares. Bientôt le royaume de Thessalonique rit les Barbares s’approcher de ses fron-

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tières ; la ville de Serre fut emportée, et la capitale elle— même menacée par le roi Jean. Le danger s’éloigna bientôt ; la paix succéda à la guerre. Alors arriva dans la ville de Constantinople Otlion de Laroche , seigneur d’Athènes; il venait de la part du marquis proposer à Henri, qui ve-' nait de succéder à Baudouin , Agnès , fille du nouveau roi. L’empereur accepta l’alliance; ce mariage fut célébré dans leglise de Sainte-Sophie. Une entrevue eut lieu entre les deux princes quelques mois après; il s’agissait de concerter une guerre contre les Bulgares; le marquis fit hommage de ses terres à Henri , donna le fief de Messinople à messire de Villehardouin , et marcha immédiatement après la cérémonie d'hommage , contre les Bulgares à travers les montagnes de Rhodopé; mais le roi Jean et les siens , connaissant le’ petit nombre de chevaliers et de barons qui l’accompagnaient, parvinrent bientôt à l'envelopper. Le malheureux prince, après des prodiges de valeur, succomba; sa tête fut portée dans les villes et les campagnes de la Bulgarie, comme un trophée de la victoire. Les barbares assiégèrent Thessalonique; mais, comme nous l’avons vu plus haut, leur roi y perdit la vie de la main d’un de ses guerriers.

Le marquis de Montferrat laissait un fils de son mariage avec l’impératrice Marie de Hongrie; il le désigna pour son successeur dans son testament. Ce jeune prince n’avait encore que dix ans. On créa donc un bail; il est appelé le comte Gras par Villehardouin; ce comte voulut s’assurer pour lui-même la souveraineté au préjudice des droits légitimes de Démétrius. L’empereur Henri prit la défense du royal enfant; il marche, et après quelque résistance les portes de Thessalonique s’ouvrent devant lui , et l’étendard légitime est replacé sur les murailles; l’empereur reçut Démétrius chevalier de ses propres mains et l'investit du

royaume de Thessalonique , qui devint depuis cette

époque un fief plus immédiat de l’empire.

La révolte qui venait d 'éclater dans ce royaume avait des racines plus profondes , des causes plus générales que celle que nous venons de signaler : les cités n’avaient pas pris les armes pour des personnes, mais pour des opinions et des intérêts nationaux. Les barons qui s’étaient partagé le territoire de Thessalonique , appartenaient presque tous à l’Italie; le fief de la conquête était en quelque sorte l’image du fief de Montferrat; en choisissant un bail , ils avaient donc placé à leur tête un protecteur naturel , une espèce de roi, assez fort pour les défendre, mais pas assez puissant pour les dominer. Le jeune Démétrius, sous la protection de l’empereur Henri, allait les placer sous le sceptre de la branche flamande des conquérans de l’empire ; aussi les seigneurs se gardèrentils bien de ratifier l’hommage sans restriction juré par Démétrius , et tous prirent les armes pour résister. Après une guerre sanglante et des divisions intestines, les barons lombards consentirent à déposer le comte de Blandras , à recevoir la comtesse de Monferrat pour régente, et le jeune Démétrius pour roi.

Mais Dieu ne permet pas , comme le fait observer Philippe Monske, que les meilleures choses aient une grande durée; Théodore, prince d’Épire , à la tête de ses Grecs, envahit le territoire de Thessalonique. L’impératrice et son jeune fils , au milieu de la décadence générale des affaires des Latins , se virent forcés de quitter leur capitale, qu’ils ne devaient plus revoir. Démétrius écrivit au pape une lettre où les caractères étaient à peine tracés, tant sa main était faible; des indulgences furent accordées, et le père commun des fidèlesne dédaigna pas de désigner parle nom de croisade une expédition jnilitaire contre les Grecs usurpa-

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leurs de Thessalonique ; il y appela les évêques, les barons et les chevaliers; tout fut inutile, Thessalonique ne revint plus au pouvoir de la race du marquis de Montferrat.

Ainsi, ce royaume dura vingt ans, iao4— I2a4- Il ne vit que deux monarques ; après eux , plusieurs princes prirent le titre de roi de Thessalonique :

Jean de Brienne et ses enfâns ;

Guillaume de Vérone, seigneur de Nègrepout ;

Hugues , duc de Bourgogne ;

Charles l*r. , roi de Sicile;

Philippe I". , empereur de Constantinople;

Louis de Bourgogne , prince d'Achaïc.

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