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' 3o HISTOIRE DES CROTSÀB|£.
IV97 jnrienx(i) , et répondaient aux croisés allemands , qu’ils n’avaient ni sollicité ni souhaité leur arrivée? qu’ils savaient mieux que les guerriers venus du nord de l’Europe, ce qui convenait au royaume de Jérusalem ; que, sansaucun secours étranger, ils avaient long-temps bravé les plus grands périls, et que lorsque le moment serait venu, ils mop- * treraient leur Valeur autrement que par des paroles. Au milieu de ces vifs débats, les esprits s’aigrissaient davantage , et la pluS cruelle discorde éclatait ainsi au milieu des chrétiens avant que la guerre fût déclarée aux infidèles.
Tout-à-coup les croisés allemands sortirent en armes de Ptolémaïs et commencèrent les hostilités en ravageant les terres des Sarrasins. Au premier signal de la guerre, les Musulmans rassemblèrent leurs forces; le daqger qui les menaçait fit cesser leurs discordes. Des rives du Nil et du fond de la, • Syrie, on vit accourir une foule de guerriers qui naguère étaient armés les uns contre les «autres, et qui , maintenant réunis sous les mêmes drapeaux , 11’avaient 'plus d’autres ennemis à combattre que les chrétiens.
Malek-Adel ,* sur qui les Musulmans avaient les yeux toutes les fois qu’il s’agissait de défendre
(i) Sur ccs discussions entre les barons de la Terre-Sainte et les croisés d’Europe , qui se renouvelaient dans presque toutes les saintes expéditions, consultez Bernard le Trésorier, Muratorv, t. 7, p. 816, et Jacques de Vifry, qui a tracé le tableau des nia-urs des hnbitans de la Syrie.
la cause de’flfcRsmo, sortit de Damas à la tête 1^7 d’une armeé , et se rendit à Jérusalem, .où les émirs du voisinage vinrent prendre ses ordres.
. L’armée musulmane, après avoir dispersé les chrétiens qui s’étaient avancés vers les montagnes de Naplouse, vint mettre le siège devant Jaffa (1).
Dans la troisième croisade, on avait miala plus grande importance à la conservation de cette ville*.
, Richard Cœur-de-Lion l’avait fortifiée à grands frais; et lorsque ce prince retourna en Europe, il y laissa une nombreuse garnison. L)e toutes les places maritimes, celle de Jalfa était la-pftus voisine de la cité , objet des vœux des fidèles ; si cette place restait aux chrétiens, elle leur ouvrait lé chemin de la ville sainte et leur facilitait les moyens d’en faire le siège ; si elle tombait au pou- , voir des Musulmans , elle donnait à ceux-ci les a plus grands avantages pour la défense de Jérusalem (2).
Lorsqu’on apprit à Ptolémaïs qJl la ville de Jaffa était menacée, Henri "de Champagne, ses barons çt ses chevaliers , prirent les armes pour la défendre, et, réunis aux croisés allemands, ne s’occupèrent plus que des préparatifs d’une guerre qu’on ne pouvait plus ni différer ni éviter. Les trois ordres militaires, avec les troupes du royaume, allaient
(1) Voyez les extraits- arabes sur la marche de l’armée musulmane, Bibliotli. des Croisades , ad ann. 5q5 de l’hégire, 5. 70.
(a) Voyez le récit d’Ibn-Alatir, ibid.