‹ Histoire des croisades (volume 3)Chapitre 24 sur 30 · N°. VIII · texte numérisé non relu

N°. VIII

Charte relative à V introduction du Maïs (*).

Ânuo nativitalis domiui nostri Jesu-Cbristi millesimo ducentesimo quarto, ind. vu die V vel non. Augusti, in. oppido Incisa? Montisferrati , in ecclesiâ Parochiali colle-

giatâ S. Joaunis-Baptistæ et in plcuo cousilio.... in quo

intcrfueruut.... iutegrum consilium componcntes.... excellentissimus dominus noster Iienricus , Marchio Incisa?, Valis, etc.... et populo ibi congregalo. . . comparuerunt egregi domini ,• Jacobus ex Marchionibus Incisœ , quon-

(i) Vient ensuite la ratification du traité par le raarcpiis de Monferrat, les comtes de Blois et de Saint-Pol. »

(a) Cette pièce curieuse est tirée de la Sloria <T Incisa et Jet già célébré suo marche tato ,- Asti , 1810.

63a PIÈCES JUSTIFICATIVES.

dam Alberti et Antoniellus Molinari. . . . ambo capilanei

equitum sercnissimi Bonifacii Marchionis Montisferrati , et supremi ducis christianarum omnium potentiarum , qui declaraverunt se conlulisse mililando cum eodem Bonifacio , eovum duce, ad magnam Constautinopoli civitatem, et illâ capta. . . . redivisse ad civitatem Casa lis Montisferrati, et iu eam Alexium imperatorem ilium, victum et captum cum uxore et filiis ejus traduxisse, et per liane eorum patriam transe antes , donavisse sicuti et donant et remittunt. . . . acceptantibus pro eâ domino Henrico Mar-

chioue eximioque publico consilio ante dictis , crucem unam argenteam .... in quâ parva crux de ligno veræ crucis do-

mini nostri Jesu-Christi. . . . Translaté indè supradictis

omnibus. . . . inejusdem communitatis consularem aulam,

ipsi egregii domini capilanei equitum Jacobus et Anto~ niellus tradiderunt et donaverunt eorum patriæ ( quibus suprà acceptantibus), bursam unam capacitatis octavæ partis stads unius.de bâc mensurâ plenam de semine, seu granis de colore aureo, etpartim albo, non amplius anteà nisis in regionibus nostris, qui dixeruut detulisse ab unâ provinciâ Asiæ Natolia dictâ, per quam cum equitibus suis incursiones executierant, tempore circumvalationis magnæ illius civitatisConstantinopoli , et vocari Meliga , quæ tractu temporis magnum redditum, et subsidium patriæ compararet. Quam bursam et seminis grana uti suprà Meliga dicta prælibati excellentissimus dominus Henricus Marchio et magnifici consules in hoc publicum arcliivinm consulare tradiderunt...... pro seminatione et collectione promissi

fructùs adhujus populi utilitatem f si terræ qualitas, aër, et cultura favebunt, uti sperant.

Pro quibus muneribus ... . gratias egerunt nomine patriæ ... et pro ipsorum munerum memoriam chartam banc fieri rogarunt, cui testes interfuerunt omnes supra dicti, et scripsi.

Ego Laurcutius Ferrarius publicus imp. auctoritate no- 'tarîus, et hujus communitatis cancellarius. t

No. IX.

Lettre du pape Innocent III .

Maintenant que des motifs plus pressans que jamais appellent les chrétiens au secours de la Terre-Sainte, et qu’on a lieu d’attendre des présens secours , des résultats plus heureux que tous ceux que l’on avait obtenus jusqu’à ce jour, nous prenons le parti d’élever de nouveau la voix, et de vous faire entendre nos cris au nom de celui qui, en mourant, a crié à haute voix sur la croix , et qui a porté l’obéissance envers Dieu, son père, jusqu’à mourir de la croix, en criant pour nous arracher aux tourmens d’une mort éternelle ; qui crie aussi par lui-même, et dit : « Si » quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce entière- » ment à soi-même, qu’il porte sa croix; et qu’il me » suive. » C’est comme s’il dislit d’une manière plus manifeste : que celui qui veut me suivre à la couronne, me suive aussi au combat qui est* maintenant proposé à tous pour jcrvir d’épreuve. Eu effet, le Dieu tout-puissant aurait bien pu, si telle eût été sa volonté , empêcher topt-à-fait cette terre de tomber entre les mains des ennemis ; il pourrait aussi maintenant, s’il voulait, l’en arracher facilement , puisque rien ne peut résister à sa volonté. Mais comme l’iniquité se trouvait bien lot portée à son comble, et que le zèle de la charité se refroidissait dans la plupart , pour tirer ses fidèles serviteurs du sommeil de la mort, et les rappeler au désir de la vie, il leur a proposé cette lutte afin d’y éprouver leur foi, comme l’or au creuset; leur offrant eu cela une occasion, bien plus, un gage assuré de salut. C’est pourquoi ceux qui auront combattu fidèlement pour lui , obtiendront de lui une couronne heureuse; mais ceux qui , dans une nécessité aussi pressante , se seront • refusés à un service qu’ils devaient à la gloire du Seigneur, mériteront d’entendre, au grand jour du jugement, prononcer leur juste condamnation. Quels heureux effets

634 PIÈCES JUSTIFICAf IVES.

produira cette sainte entreprise ! Combien , recourant à la pénitence, se rangeront sotis l’étendard de la croix et mériteront, par leurs efforts, une couronne de gloire, qui peut-être auraient péri dans leurs iniquités, après avoir passé une vie entièrement consacrée aux voluptés chamelles et aux frivolités de ce monde! C’est un ancien artifice de Jésus-Christ, qu’il a daigné renouveler en ces jours pour le salut de ses fidèles serviteurs. En effet, si quelque monaVque de la terre se trouvait chassé par ses ennemis hors de ses états, ne le verrait-on pas, lorsqu’il les aurait recouvrés, condamner comme infidèles , et destiner à tous les supplices que mérilentde grands coupables, ceux de ses vassaux qui , dans ce cas, n’auraient point exposé pour lui, non seulement leurs biens, mais encore leur personne? De même le Roi des rois, uotre Seigneur Jésus-Christ , qui vous a donné un corps et une âme et tous les autres biens dont vous jouissez, vous condamnera comme coupables d’une noire ingratitude et du crime d’infidéli#, si vous négligez de marcher à son secours dans un temps où il est comme chassé du royaume qu’il a acquis au prix de son sang. Que quiconque se refusera, dans cette nécessité pressante, d’aller au secours de son Rédempteur , sache donc qu’il fera voir une criniinelle dureté, et qu’il sera grièvement coupable. Si quelqu’un se voyait enlever injustement une portion , même légère, de l’héritage de ses pères, bientôt, conformément aux usages de ce monde, il travaillerait de toutes ses forces à se faire réparer cette injustice et à repousser la violence; et il n’épargnerait ni sa personne ni ses biens, jusqu’à ce qu’il fût parvenu à recouvrer entièrement ce qu’il aurait perdu. Quelle excuse pourra donc apporte? celui qui se sera refusé à quelques faibles travaux pour punir les offenses faites à son Rédempteur , et le venger des outrages qu'il reçoit ; ét qui, en épargnant sa personne et ses biens, cm- •pêche que l’on ne recouvre les lieux témoins de la passion et de la résurrection de Notrc-Seigneur, où Dieu , notre Roi, a daigné, il y a quelques siècles, opérer, au milieu de la terre, le salut des hommes? Comment aussi, d’après le

précepte divin, celui-là aime-t-il son prochain comme soimême (ainsi qu’il est écrit), qui sait que ses frères, chrétiens de croyance et de nom , gémissent dans les prisons des perfides Sarrasins, et souffrent toutes les horreurs de la plus dure captivité, et qui se refuse à travailler d’une manière efficace à leur délivrance , transgressant de la sorte ce précepte de la loi naturelle, que Dieu a fait connaître dans son Evangile : « Faites aux hommes tout ce que vous voudriez » qu’ils vous fissent à vous-mêmes? » Ignorez-vous que, chez eux , plusieurs milliers de chrétiens gémissent dans l’esclavage et dans les fers, et sont sans cesse livrés aux plus cruels tourmens? car toutes les provinces , maintenant au pouvoir des Sarrasins , furent habitées par les peuples chrétiens jusque passé le temps de saint Grégoire; mais, vers cette époque, il s’est élevé un enfant de perdition , un faux prophète, nommé Mahomet , qui , par l’appàt des jouissances de ce monde et par l’attrait des voluptés charnelles, a trouvé moyen de séduire un grand nombre et de les détourner du sentier de la vérité. Quoique sa perfidie ait triomphé jusqu’à ce jour, nous mettons néanmoins notre confiance dans le Seigneur, qui nous a déjà si bien inspirés , et nous espérons qu’on verra bientôt arriver la fin de cette bèLe, dont, selon l’Apocalypse de saint Jean, « le nombre est renfermé dans six cent soixante-six. » Il finira bientôt par l’opération du Saint-Esprit, qui ranimera du feu de la charité les cœurs refroidis des fidèles ; cl, de ces années, il s’en est déjà écoulé près de six cents. Outre les anciennes injures graves et considérables que les perfides Sarrasins ont faites à notre Rédempteur à cause de nos péchés, dernièrement, sur le mont Thabor, où il fit apercevoir à ses disciples l’image de la gloire future, ces mêmes perfides Sarrasins ont élevé une forteresse pour la confusion du nom chrétien. Us espèrent, au moyeu de cette Ijprteresse, s’emparer facilement de la ville d’Acra, qui en est voisine, et envahir ensuite, sans le moindre obstacle, tout le reste de la Terre-Sainte, presqu’entièrement dénué de forces et de secours. C’est pourquoi donc , mes chers enfans en

Jésus-Christ, changez endcsseiHimens de paix et d’amour vos dissensions et vos discordes fraternelles, et que chacun de vous s’empresse de se ranger sous l'étendard de la croix, sans hésiter à exposer sa personne et ses biens pour celui qui a offert pour vous son âme et a versé pour vous son sang. Marchez avec sécurité à celte sainte expédition, certains que , si vous êtes vraiment repenlans , ce travail court et passager sera pour vous un moyen sur de parvenir à la vie éternelle. Pour nous, dépositaires de la miséricorde divine, et à qui a été transmise l’autorité des bienheureux saint Pierre et saint Paul, d’après le pouvoir que, quoique nous en fussions indignes, Dieu nous a donné de lier et de délier ,. nous accordons à tous ceux qui entreprendront en persoutie et à leurs frais ce travail méritoire, le pardon absolu de leurs péchés, après qu’ils s’en seront repentis sincèrement de cœur, et qu’ils les auront confessés de bouche , et nous leur donnons l’espoir certain de parvenir par ce moyen plus facilement à la vie éternelle. Quant à ceux qui , sans assister en personne à l’expédition , y contribueraient de leurs facultés et enverraient , selon leur rang et leurs moyens, des hommes propres à la chose, de même qu’à ceux qui iraient en personne, quoiqu’auX dépens des autres,, nous accordons à tous le pardon de leurs pé&iés. Nous accordons le même pardon, à raison de l’étOTnue de leurs sacrifices et de la ferveur de leur dévotion , à tous ceux qui se priveront d’une partie de leurs biens pour subvenir aux frais de l’entreprise. Nous prenons également , sous la protection de saint Pierre et sous la nôtre, les personnes et les biens des fidèles, du moment où ils auront reçu le signe de la croix ; nous les mettons sous celle des archevêques et évêques , et de tous les prélats de l’Eglise ; et nous déclarons qu’aucune atteinte ne sera portée aux possessions des absens, tant qu’on n’aura pas acquis l’entière certitude de leur mort ou de léUr retour. S’il arrivait à quelqu’un d’y porter atteinte, il sera cité par les prélats de l’Eglise, et devra encourir la censure ecclesiastique. S’il arrivait, d’un autre côté, que quelques-uns de ceux qui se disposeraient à

partir pour la Terre-Saiute fussent obliges , par serment, à payer quelques usures, nous enjoignons aux prélats de l’Église d’user des mêmes moyens pour forcer leurs créanciers à les dégager de leur serment, et à se désister de leurs poursuites usuraires; et s’il arrivait que quelqu’un de ces créanciers entreprît de forcer son débiteur au paiement des usures, qu’il encoure la même censure et soit forcé à la restitution. Quant aux Juifs, nous ordonnons qu’ils soient forcés, par la puissance séculière, à faire remise de toute usure à ceux qui partent pour la Terre-Sainte; et jusqu’à ce qu’ils aient fait cette remise, ils seront privés , par la voix de l’excommunication, de toute espèce de commerce avec tous les chrétiens. Mais afin que les secours à fournir pour la Terre-Sainte deviennent moins onéreux et plus faciles, étant prélevés sur un plus grand nombre, nous prions tous les fidèles en général, et chacun en particulier, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, le seul vrai , le seul Dieu éternel , demandant, au nom de Jésus- Christ et pour Jésus-Christ, à tous les archevêques, évêques, abbés et prieurs, à tous les chapitres des églises, tant cathédrales que conventuelles , à tous les clercs ainsi qu’à toutes les villes , bourgs et cités, de fournir chacun, selon leurs facultés propres, le nombre requis de guerriers, avec toutes les choses nécessaires à leur entretien pour trois ans. Si, à cet efTet, chaque contribution particulière paraissait insuffisante, on en réunirait plusieurs ensemble; car nous ne doutons pas que les personnes ne se présentent en nombre suHisant, si les ressources ne manquent point. Nous invitons particulièrement à contribuer de leurs moyens, les rois , princes, comtes, barons et autres grands qui n’assisteraient point en personne à l’expédition. Quant aux villes maritimes, nous en réclamons le secours des vaisseaux. Et de peur que nous ne paraissions imposer aux autres de graves et pesans fardeaux, auxquels nous ne voudrions pas toucher , nous déclarons en conscience , devant Dieu , que ce que nous exigeons des autres, nous le ferons nous -même avec empressement. Nous avons cru devoir statuer, par

rapport aux clercs qui feront partie de l'expédition , que* toute contestation cessante, ils pourront , à cet effet, engager les revenus de leurs bénéfices pour trois ans. Mais comme le secours que réclame la Terre -Sainte pourrait éprouver beaucoup d’obstacles ou de retards , si , avant de conférer à chacun le signe de la croix , il fallait s’arrêter à examiner s’il serait capable de s’acquitter personnellement de toutes les obligations qu’impose un pareil vœu , nous consentons à ce que, les personnes séculières excaptées , tous ceux qui le voudront prennent le signe de la croix; et à ce que , si les raisons d’une pressante nécessité ou d’une utilité évidente l’exigent , leur vœu puisse , en vertu d’un mandement apostolique , être changé, racheté ou différé, et , pour la même raison, nous révoquons les pardons et indulgences accordés par nous, jusqu’à ce jour, à ceux qui se sont présentés pour marcher contre les Maures en Espagne, ou contre les hérétiques de Provence; surtout en ce qu’elles leur ont été accordées pour un temps qui est maintenant entièrement écoulé, et pour des raisons qui présen-’ tement n’existent plus en grande partie. Car, avec la grâce de Dieu , l’une et l’autre affaire se trouvent tellement avancées, qu’elles n’exigent plus des mesures bien actives; et si, par hasard, elles en exigeaient, nous aurions soin de tourner notre attention de ce côté. Nous accordons toutefois que les pardons et indulgences de cette espèce demeurent aux Provençaux et aux Espagnols. Au reste, comme les corsaires et les pirates entravent beaucoup les mesures que l’on prend pour secourir la Terre Sainte, en saisissant ët dépouillant ceux qui y vont, ou ceux qui en reviennent, nous les frappons d’excommunication ainsi que leurs principaux complices et fauteurs, défendant, sous peine d’anathème , à toutes personnes de traiter sciemment avec eux d’aucune vente ou d’aucun achat , et enjoignant aux gouverneursdes villes et des lieux qu’ils habitent de les rappeler de ce commerce d’iniquité et d’arrêter leurs brigandages. D’ailleurs , comme ne vouloir point troubler les méchans n’est autre chose que les encourager; et comme celui-là -

PIÈCES JUSTIFICATIVES. G3g

11’cst point etranger aux manœuvres d’une société secrète qui néglige de s’opposer à ses crimes manifestes, nous ne pourrons donc nous dispenser d’exercer la sévérité ecclésiastique sur les personnes et les biens de ceux qui se trouveraient dans ce cas , puisqu’ils ne deviendraient pas moins dangereux au uom chrétien que les Sarrasins euxmêmes. De plus, nous renouvelons la sentence d’excommunication portée, dans le concile de Latran, contre ceux qui fournissent aux Sarrasins des armes et du fer, et qui servent de pilotes aux corsaires de ces nations; nous déclarons aussi qu’ils seront privés de ce qu’ils possèdent , et demeureront dans l’esclavage, si par hasard ils y tombent. Nous ordonnons que celle sentence soit publiée dans toutes les villes maritimes, chaque dimanche et chaque jour de fête. Mais comme nous devons beaucoup plus attendre de la clémence divine que de la puissance humaine , il nous faut, dans de pareilles conjonctures, combattre moins avec des armes corporelles qu’avec des armes spirituelles; c’est pourquoi nous statuons et ordonnons qu’une fois chaque mois, il se fasse séparément une procession générale d’hommes, et de même séparément, autant que possible, une de femmes, pendant lesquelles, l’esprit rempli des sentimen3 d’humilité, ou demandera, par de ferventes prières, qu’il plaise à la miséricorde divine d’éloigner de nous l’opprobre et la confusion, en délivrant des mains des païens cette terre sur laquelle ont été opérés tous les mystères de notre rédemption, et en la rendait, pour la gloire du Tout- Puissant, au peuple chrétien. L’on aura toujours soin , dans cette procession, de faire au peuple une fervente exhortation, et de lui répéter le nom du signe de notre salut. L’on joindra à la prière, le jeûne et l’aumône, afin que l'un et l’autre soient pour elle comme des ailes qui lui servent à s’élever plus facilement et plus promptement aux oreilles pieuses de l’Eternel , qui nous exaucera avec bonté dans un temps propice. Chaque jour également à la messe solennelle, après le baiser de la paix, au momeut où l’hostie salutaire, offerte pour les péchés du monde, et sur le point

G4o PIÈCES JUSTIFICATIVES,

d’être consumée, tous le* assistans, les hommes ainsi que les femmes, se prosterneront humblement contre terre, les clercs chanteront à haute voix le psaume : Deus venerunt gentes in hœreditalem tuant , auquel ils ajouteront : Exur » gat Deus et dissipentur inimici ejus ; et fugiant à facie ejus qui oderunt eum. Ensuite le célébrant chantera à haute voix sur l’autel, l’oraison : Deus qui admirabile, etc. Dans les églises où s’assemblera la procession générale , on aura soin de placer un tronc qui sera fermé de trois clefs, dont l’une demeurera entre les mains d’un honnête prêtre, -e l’autre entre celles d’un dévot laïque, et la troisième entre

celles d’un religieux , pour qu’ils aient soin de les garder fidèlement. C’est dans ce troue que les clercs , les laïques , les hommes et les femmes, déposeront les aumônes destinées au secours de la Terre-Sainte, scion les dispositions de ceux auxquels ces soins auront été confiés. Quant au départ et au passage, qui devront se faire avec modestie et ordre, en temps et lieu convenables, nous ne voulons rien statuer encore à cet égard jusqu’à ce que l’armée du Seigneur ait pris le signe de la croix. Mais comme toutes les circonstances sont maintenant prévues , nous prendrons tous les arrangemens qui nous paraîtront nécessaires, d’après le conseil d’hommes sages et prudens. A cet effet, -nous avons choisi notre cher fils de Sales, les ci-devant abbés de Novo-Castro, C. doyen de Spire, et le gardien des Augustins, tous hommes d’une probité et d’une fidélité reconnues, qui , après s’être associé des hommes probes et honnêtes, régleront et disposeront, en notre nom, tout ce qu’ils croiront nécessaire pour la réussite de cette entreprise) faisant exécuter fidèlement et soigneusement leurs arrêtés dans chaque diocèse , par des hommes propres à la chose et spécialement députés à cet effet. C’est pourquoi nous vous prions tous, vous supplions et vous conjurons au nom du Seigneur, vous mandons par les présentes lettres apostoliques, et vous enjoignons par l’autorité du Saint-Esprit, d’avoir soin de prouver , en toute occasion, à ces légats de Jésus-Christ , par votre empressement à leur fournir les

pièces justificatives. 041

choses necessaires, qu’ils trouveront, par vous et en vous, les moyens propres à parvenir au but si désiré.

Nobili viro Saphadino soldano Babylohiœ et Damasci timoreni dwinl numinis et amorem.

« Daniele propheta testante didiscimns, Tpiod est Deus incœlo, qui révélât mysteria, mutât tcmpora, et transfert régna, et universi cognoscent quod dominatur excelsus in regno hominum, et cui voluerit dabit illud. Hoc autcm evidentur ostcndit cum Hycrusalem et fines ipsius , in mnnus fratris tui (nimirum Saladini), tradi pcrmisit, non tam propter ejus virtutem, quam propter offensam populi christûmi , Deum ipsum ad iracundiam provocantis. Nunc autem ad ilium conversi speramus, quod ipse miserebitur nostri, qui secundùm prophetam cum iratus est, non obliviciturmiscreri. Undè ilium imitari volontés, qui se dicit in evangilio ; discite amo , 'quia milis sitm , et humilis corde, magnitudiuem tuam humiliter obsecramus, quatenùs ne propter violentam detentionem præfatæ terræ plus adhuc ed'udatur liumani sanguinis, quam bactemus effusum est : saniori utaris consilio: restituas eam nobis de eu jus detentione, præter manem gloriam forte plus tibi difficultatis , rjuamutilitatisaccrescet : ipsaque redita, etdimissisultrimque captivis, quiescanus amutuis impugnationum offensis. Itaque apud tenon sit detérior conditio gentis nostræ, quant apud nos est conditio gémis tuæ. Latores ergo præsentium ad tuam præsenliam destinatos , rogamus ut benignè suscipias, et bonestè pertractis , dignum illis responsum tribuens cum clfcctu. Dat. Lat. xm , kal. Maii Pont. nost. an. xvi°. »

No. XI.

Nobili viro Solda/to de Àlapiâ.

0 Sicut veridica muîtorum relatione didicimus, et si TOM. lit. 4r

,64a PIÈCES JUSTIFICATIVES,

nondum christiaqje religionis susceperis sacramenta , (idem calholicam lamen vétérans, in mullis chrisli üdelibus deferendo. Undè de illius immensô pietaie confidimus, quod te sua: visilationis rationis illuslrabil, ut graliâ divinæ cognilion'is acceptà, ad cultuni æterni et veri Dei, qui pro sainte hominum factus est temporaliter verus, homo, devotns aspires. Quaproplcr in nomine J.-C. te attentius exhorta raur,4qua tenus justitiam extolias et diligas verita> tem, quæ in salutis semitas derigant gressus tuos. Et vene-

rahilem fratrera nostrum P Antiochenum Pa-

x triarrham , quem suæ probitalis intuitu inter cæter.os

fratres, et ccepiscopos nostros sinccrâ diligimus in domino caritate, haheas ob reverentiara nosiram propensius commendatum; ipsum et ccclesiamejusnon permiUas, quantum ir.lè ftteril, ab aliquibus indebitè molestari , qmn immœidem exhibeas auxilium, et consilium opportunum , ut per lioc divinæ majestalis gratiain , et apostolicæ sedis favorent, tibi valeas comparare. Dat. Dater, vu, id. Jun. Pont. nost. an. xiv°. »

■ 1 No*. XII.

Extrait de deux lettres d'Honoré III, concernant les sommes données par ce pape pour la croisade (i).

Nous ne vous rappellerons pas que nous avons donné dixneuf mille inarcs d’argent pour la flotte des Romains; cinq mille livres pbur les armes et les vivres qui devaient être transportes au port; à vous , mille onces d’or lorsque vousi êtes parti ; cinq mille autres onces d’or tirées de notre trésor que les frères de l’Hôpital et du Temple ont été chargés de paypr après votre départ; puis cinq mille, tirées aussi de notre trésor, et remises par notre vénérable frère, l’évêque de Bcthlcem, et parles frères Tcutoniqucs; six cent douze, tant marcs d’argent qu’onces d’or, provenant du vingtième

(1) Ces deux lettres sc lisent dans le cinquième livre des registre» d'Honoré III.

du rachat des voeux ; onze mille six cents, du vingtième levé en France ; trois mille du vingtième et du rachat des vœux, délivrés au cardinal de Sainte-Cécile, notre secrétaire et camérier; cent soixante marcs d’argent du vingtième et du rachat des vœux donnés au patriarche d’Antioche; toutes ces sommes vous étaient destinées, et vous ont été remises. Nous avons encore fait payer par le comte Jacques , notre maréchal, quatre-vingts marcs provenant du vingtième pour un navire et une machine à lancer des pierffes, pour lesquels marcs votre évêché s’est obligé, ‘selon que vous nous l'avez mandé par vos lettres. Nous avons encore donné quatre-vingts onces d’or du vingtième à maître Mathieu, votre camérier, pour envoyer aux Vénitiens qui sont devant Damiette , les lettres du doge et des galères. Nous avons fait assigner au duc de Bavière, deux mille marcs que l’empereur nous devait. Trois mille onces d’or tirées de notre trésor onf encore été délivrées à Otton de Macliillon; nousvous envoyonsaujourd’hui, par Gisou, prêtre et chanoine de la basilique de Saint-Pierre, et par Octon, frère de l’ordre Teutonique, cinq mille onces provenant du vingtième; ils ont reçu en outre quatre-vingt-six mille, provenant également du vingtième pour leurs dépenses et pour l’achat de chevaux ; nous avons aussi mandé par Hugues de Saint-Georges et Jean de Novill, frères de la milice du Tt^nple, qu’on eût à vous compter treize mille marcs du vingtième levé en Angleterre; nous donnerons des ordres pour que le reste vous soit promptement envoyé. Les Hospitaliers et les Templiers ont reçu de Hongrie mille sept cent onze marcs d’argent, et trente-huit marcs d’or delà part de maître Accontio , notre chapelain , que nous avions envoyé dans ce pays à cet effet; ils en doivent encore recevoir d’autres que notre chapelain n’a pas touchés jusqu’à présent. Toutes ces sommes vous seront envoyées par notre ordre au prochain passage. Nous avons ordonné à l’archevêque de Gènes de vous envoyer en sterling et autres monnaies d’argent, mille quatre cent cinquante-huit livres génoises, qu’il a retirées du rachat des vœux et du vingtième de son diocèse.' L’évé- '

<V,i PIÈCES JUSTIFICATIVES,

que de Lausanne, qui a acheté un vaisseau it Gènes pour allerau secours de la Terre Sainte, ou toute autre personne sure, si le passage de cet évêque vient à être retardé, vous les portera. Nous avons donné ordre aux maîtres de la milice du Temple et de l’Hôpital , eu Espagne, de vous faire payer par des personnes prudentes et fidèles, soixante-cinq marcs d’or, et vingt-cinq mille six cent quarante-deux marabotins ( monnaie d'Espagne) , et sept cent cinquante-quatre oboles maximitlimes, et trois cent cinquante-trois marcs d’argent, et cinq mille cent livres en diverses monnaies d’Espagne , toutes sommes provenant du vingtième levé par Centius, chanoine de la basilique de Saint-Pierre, et déposées eu différeus endroits de l’Espagne^ Notre espérance et notre intention est que tout col argent vous soit remis au prochain passage.

( Cette lettre est immédiatement suivie d’une seconde qui en forme comme le complémébt , et que nous tradui- . sons ici. )

Outre les secours que nous avons envoyés à la Terre- Sainte en différeus temps , il en est quelques-uns que nous allons noter, afin que le souvenir ne s’en perde pas pour la postérité. Nous avons fait passer une fois aux Templiers cinq mille marcs du vingtième d’Angleterre, par Aimar, templier, trésorier de Paris. Une autre fois le frère S., notre pannelier, a envoyé, par notre ordre aux. Templiers, six mille onces d’or, comme il nous l’a mandé par ses lettres. Nous avons donne à l’évêque d’Oslie , que nous avons envoyé en Lombardie pour prêcher la. croix, cent marcs sterling pour ses dépenses, et deux cent cinquante livres pour payer scs dettes. Nous avons donné à l’évêque de Reggiô , qui était allé avec lui pour le même objet, cinquante marcs sterling provenant du vingtième. Nous avons accordé trente livres, deniers du sénat , à l’évêque de Tuseulum, qui est allé auprès de l’empereur; au marquis de Montferrat, qui s’y est également rendu , cent onces d’or provenant du vingtième, pour se» dépenses; plus cent livres, denier» du

sénat; plus, dix onces d’or provenant du vingtième, lesquelles lui sei%nl payées le i5 de mars lorsqu’il sera prêt à

passer la mer. Nous avons de même assigné onces

d’or provenant du vingtième à l’évêque de Reggio.

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