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1 'jo3 prochant tout les maux de la patrie , et surtout les longues infortunes d’isaac. Ceux que cette princesse avait comblés de ses bienfaits, se distinguaient parmi ses accusateurs, et s’efforcaient de se ^ faire un mérite de leur ingratitude (1).
Dans les troubles politiques , tout changement est aux yeux du peuple un moyen de salut ; on se félicitait dans Constantinople de la nouvelle révolution ; l’espérance renaissait dans tous les cœurs,
1 et la multitude saluait Isaac par ses cris de joie.
Bientôt la renommée va publier dans le camp des 5 croisés ce qui s’est passé dans la capitale de l’em-
pire. A celte nouvelle , le conseil des seigneurs et tics barons se rassemble dans la tente du marquis de Montferrat; ils remercient la Providence qui nt de délivrer Constantinople , qui vient de les livrer eux-mêmes des plus grands dangers. Mais, eu se rappelant qu’ils avaient vu la veille l’empereur Alexis entouré d’une armée innombrable, ils ne peuvent croire au miracle de sa fuite.
Cependant le camp des croisés se remplit d’une multitude de Grecs sortis de la ville, qui racontaient les merveilles dont ils venaient d’être les témoins. Plusieurs des courtisans , qui n’avaient pu être remarqués par Isaac , accouraient auprès du jeune Alexis, dans l’espoir d’attirer ses premiers ils bénissaient le ciel d’avoir exaucé leurs
regards ;
vœux pour son retour , et le conjuraient, au nom
b>) ficelas, lib. 1 , Règne d’ Isaac.
de la pairie et île l’empire , de venir pai*!agei*. les i-ji«3 honneurs et la puissance de son père. Tant de témoignages ne purent persuader les Latins , accoutumés.à se défier des Grecs. Les seigneurs et les barons rangent leur armée en bataille, et, toujours ^ ,
prêts à combattre , ils envoyent Mathieu de Monlmorenci , Geoffroi de Yillehardouin , et deux nobles Vénitiens à Constantinople, pour reconnaître la vérité (1).
Les députés des croisés étaient chargés de complimenter Isaac, s’il était remonté sur le trône , et # * , d’exiger <le lui la ratification du traité fait avec son fils. En arrivant à Constantinople, ils sont conduits au palais des Blaquernes entre deux rangs de sol- . r dats qui , la veille, formaient la garde d’Alexis, et qui venaient de jurer de défendre Isaac (2). L’empereur reçoit les députés sur un trône éclatant d’or et de pierreries , entouré de toute la magnificence des çours d’Orient. « Voilà , dit Villehardouin en » s’adressant à Isaac, comment les croisés Ont rem- » pli leurs promesses ; c’est à vous, maintenant, à » remplir celles qui ont été faites en votre nom.
(1) « Ils envoyèrent message pour voir à l’œil comment les choses se passaient. » ( Lib. iv.)
fa) « Et là furent menés au palais de Blaquernes à l’en- , Irée duquel, commeaussi àcelledela ville etle long des rues, estoieutarrangés les A.ngloisetDanemarchoiséquipésde leurs hallebardes.» ( Lih- m. ) Voyez le récit, de Nieetas* qui s’indigne des honneurs qu’on rendis aux barbares de l’Occident. {Bibliothèque des Croisades, tom. 11.) . 1
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