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Bulle du pape Eugène III pour la deuxième Croisade.
Nous donnons ici la traduction de la bulle d’Eugène III,
HÈCES JrSTIFICATTTTS.
piiblidn en ii 45 , pour la seconde croisade ; elie e«t tirée du livllnriuni •■onianum novisiimum , premier volume.
O I.e serviteur des serviteurs de Dieu, à son cher fih Jiouis, illustre et glorieux roi des Français, à ses clters his les princes, et à tous les fidèles du royaume de France, salut et beiu^iction apostolique.
» Nous savons, par l’histoire des temps passes et par les traditions de nos pères, combien nos prédécesseurs ont fait d’elforu pour la délivrauce de l’Eglise d’Orieiit. Notre prédécesseur Urbain, d’heureuse mémoire, a embouché la • trompette évangélique, et s’est occupé, avec un *èle sans exemple, d’appeler les peuples chrétiens de toutes les parties du monde à la défense de la Terre-Sainte. A sa voix, les braves et intrépides guerriers du royaume des Fi'.iuçs , les Italiens, enflammés d’une sainte ardeur, ont pris les armes, ont délivre, au prix do leur sang, cette ville où notre .Sauveur a daigné souflVir pour nous , et qui conserve le tombeau , iiionunicnt de sa passion. Par la grâce de Dieu et par le zèle de nos pères, qui oui déferrdu Jérusalem et rlierché à rép.aiulre le nom chrélieu dans ces contrées éloigaccs, les villes conquises eu Asie ont été conservi’çs jusqu’à nos jours, cl plusieurs villes des iiitidèles ont été utt.tquérs et sont devenues chrétiennes. Maintenant , par nos pé hés et par ceux du peuple chrétien (ce que nous ne pouvons dire sans douleur et sans géinissemenl), la ville d'Édesse, qui, dans notre langue, est appelée Rohas, et qui f si l’on eu croit l'histoire, lorsque l’Orient était asservi aux nations païennes , resta seule fidèle au christianisme, la ville d’Ede>se est tombée au pouvoir des ennemis de la croix.
» Plusieurs autres villes cbrciiennesonl eu le même sort; l’archevêque de celle ville, avec son clergé et plusieurs autres chrétiens, oui été tués; les reliques des saints ont été livrées aux outrages des infidèles et dispersées. Le plus grand danger menace l’église de Dieu et toute la cl)réiicnlrf. Nous sommes persuadés que votre prudence et votre rcle éclateront en celte occasion ; vous raonlreief, la noblesse de
C3o PIÈCES JUSTIFICATIVES. i
vos sclUiraens et la pureté de votre foi. Si les conquête» faites par la valeur des pères sont conservées par la valeur des fds, j’espère que vous ne laisserez pas croire que l’héroïsme des Francs a dégénéré. Nous vous avertissons, nous vous prions , nous vous recommandons de prendre la croix et les armes. Nous vous ordonnons , pour la rémission de vos péchés, à vous qui êtes les hommes de Dieu, de vous revêtir de la puissance et du courage , et d’arrêter les inva- > sions des inlidèles, qui se réjouissent de la victoire remportée sur nous; de défendre l’Eglise d’Orient, délivrée par nos ancêtres ; d’arracher des mains des Musulmans plusieurs milliers de prisonuieis chrétiens qui sont dans les fers. Parla, la sainteté du nom chrétien s’accroîtra dans la génération présente, et votre valeur, dont la réputation est répandue dans tout l’univers, se conser\'era sans taehe et prendra un nouvel éclat. Prenez pour exemple ce vertueux Mathaihias , qui , pour conserver les lois de ses ancêtres , ne craignit point de s’exposer à la mort avec ses fds et sa famille, n’hésita pas .à abandonner tout ce qu’il possédait dans le monde, et qui, avec les secours du ciel, après mille travaux, triompha de ses ennemis. Nous, qui veillons sur l’Église et stir vous avec une sollicitude paternelle , nous accordons à ceux qui se dévoueront à cette entreprise glorieuse, les privilèges que notre prédécesseur Urbain avait accordés aux soldats de la croix. Nous avons aussi ordonné <jue leurs femmes et leurs enfans , leurs biens et leurs possessions, fussent mis sous la sauve-garde de l’Eglise, des archevêques, des évêques et des autres prélats. Nous ordonnons, de notre autorité apostolique, que ceux qui auront pris la croix soient exempts de toute espèce de poursuite pour leurs biens jusqu’à leur retour, ou jusqu’à ce qu’on ait des nouvelles certaines de leur mort. Nous ordonnons, en outre,
<{ue les soldats de Jésus-Christ s’abstiennent de porter des habits précieux , de soigner leur parure , d’emmener avec eux des chiens de chasse, des faucons, et rien de ce qui peut amollir des guerriers. Nous les avertissons, au nom du Sei-
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riÈCES JUSTIF1CA.TIVES. G3i
pn«*ur, qu'ils ne doivcnl s’occii|)er que de leurs cl»evaiix d« Kilaille, de leurs armes, de loin ce qui pcul servir à coiiiballre les itiiidèles. La fçuerre sainte appelle tous leurs edoris et toutes les facultés qui sont en eux. Ceux qui entreprendront le saint voyage avec un c<eur droit et pur, et qui auront contracté des dettes , ne paieront point d'intérêts. Si eux-mêmes , et d’autres pour eux , se trouvaient obligés de payer des usures , nous les en dispensons par notre autorité apostolique. Si les seigneurs dont ils relèvent ne veulent ou ne peuvent leur prêter l'argent nécessaire, il leur sera permis d’engager leurs terres et possessions à des ecclésiastiques ou à tout autre. Comme l’a fait notre prédécesseur, par l’autorité du Dieu tout-puissant et par celle du bienheureux Pierre , prince des apôtres , nous accordons l’absolution et la rémission des (lécliés; nous promettons la vie éternelle à tous ceux qui auront entrepris et terminé le saint pèlerinage, ou qui mourront pour le service de Jésus- Christ, .Tprès avoir confessé leurs fautes d’un c<cur contrit et humilié, a
Donné à Viterbe, le mois de décembre 1