‹ Histoire des croisades (volume 4)Chapitre 5 sur 34 · I IJ · texte numérisé non relu

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i prevue fut sur le point de renouveler les querelles assoupies. Un soldat breton, que l’histoire ne nomme point, attaqua le comte, jouant aux dés devant la boutique d’un marchand^ et le frappa tla plusieurs coups d’epée qui le renversèrent sans vie sur la place (r).

. A la vue de celle scèbe tragique on accourt en foule, on se presse, on s’iuterrogej toute la ville est en rumeur; on déplore le sort du comte de Jaffa; on ne songe plus à sa rébellion; de toutes - parts se font entendre des plaintes contre le roi qu on accuse d’avoir dirigé lui-méme le poignard homicide. Cependant le roi fait arrêter le meurtrier, qui est jugé selon la rigueur des lois. Le jugement portait que les membres du coupable seraient rompus. Foulque confirma la sentence, en ajoutant seulement que l’assassin n’amait point la langue coupée, afin qu’il pût nommer ses comphees. Ce malheureux expira en déclarant qu’aucun prdre ne lui avait été donné, mais qu’il crorait ayoir.servi sa religion et son roi. Chacun resta ainsi le maître de faire des conjectures, selon la passion qui l’animait et le parti qu’il avait embrassé. Lé coqite ^de Jaffa ne tarda pas à guérir de ses blessures; au bout de quelques mois, il quitta la Palestine et se rendit en Sicile, où il mourut avant le terme fixé pour son exil.

La reine Méliscmlc conserva un profond ressen-

.■ t '• 6»Jepar.

tiede CPsJAaiJs. Voyez son livre xiv.

tom. n. ■ \ ^ ç ,,

Ii4 HISTOmE DES CROISADES. • /

* i3a liment de tout ce qui s’était passé, et montra par-là qu’elle n’était point étrangère à l’origine de ces dis- ‘ cordes fatales. « Depuis le jour où le comte partit J ; » du royaume, dit Guillaume de Tyr, tous ceux

' n qui, contre lui, avaient été délateurs envers le

n roi , et l’avaient incité à le mettre en sa male

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)) grâce, tellement encoururent l’indignation de » la reine , qu’ils n’étaient pas en trop grande sû- » reté de leurs propres personnes, et même le roi » n’avait pas l’air trop assuré entre les favoris et les . )) parens de la reine. » Toutefois le courroux de Mélisende s’apaisa dans la suite et ne survécut point au comte de Jaffa. Foulque lui-même, soit que le temps eût affaibli son ressentiment , soit qu’il lui parût sage d’effacer les dernières traces d’une affaire malheureuse, se repentit d’avoir compromis l’honneur de la reine, et ne négligea rien pour lui faire oublier l’excès de sa jalousie et les rigueurs de son autorité.

Cependant les différentes révolutions ' qui avaient troublé la principauté d’Antioche, firent renaître les prétentions des empereurs de Cons- * tantinoplej Jean Comnène, fils et successeur 'd’Alexis, rassembla une armée, et s’avança dan» l’Asie mineure et la Cilicie, comb\attant tour-à-tour les Turcs, les Arméniens et les F^rancs, Les Grecs victorieux viiîrenf enfin camper Isous les murs d’Antioche (t),'et leur présence ré[pandit l’effroi dans

(i) Voyez Teitrait de rbistorien Àrcc Cinnam, dans la Bihlioth. des Croisades , tora. ri. \ •

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