‹ Histoire des croisades (volume 5)Chapitre 124 sur 209 · LIVRE XXIL i · texte numérisé non relu

LIVRE XXIL i

brciises onVandos cl «|ui les prolcgoaicnt clans les mauvais jours. Des le iicnviènic siècle, losliabilaiis des cloUrcs, lors(|u’ils avaient à se plaindre do l’injuslice ou de rusurpalion des liointnes puissans , déposaient à terre ou parmi les ix>nces les reliques des saints, et les laissaient ainsi abandonnées jusqu’à ce que le sanctuaire envahi ou menacé lïit délivré do toute craiutc (i). Lorsqu’ils avaient à redouter les entreprises des brigands ou des ennemis, ^on les voyait porter les dépouilles des élus de Dieu à la ville prochaine j tout le monastère marchait en procession, implorant dans des cantiques lugubres la miséricorde du Seigneur. Dès les premiers temps des pèlerinages en Orient, on rechercha les saintes reliques , et dès-lors il n’y avait pas une église, pas un monastère qui n’eût son reliquaire que les moines appelaient leur trésor. Les ossemens des saints guérissaient les malades , converlissaipnl les pécheurs, obtenaient les grâces du ciel pour tous ceux qui les visitaient , et jamais un pèlerin n’adora les restes mortels des martyrs , sans déposer sur l’autel le tribut de sa piété (a). Lorsque les croisades curent commencé, on apporta, des contrées orientales, un grand nombre de reliques qui furent déposées dans les monastères comme dans un sûr asile. Tandis que les guerriers de la croix pillaient les villes des infidèles ou des

(i) Voyez le mot Rcliquiœ, Glossaire de Ducange.

(a) Joinville, avant de partir pour l’Orient, alla en pèlerinage h Blcicourl, à Saint-Urbain et à d’antres lieux.

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liéréliques, des moines et des clercs s’occupaient d’un butin qu’ils refjardaicnt comme plus précieux et plus digne des victoires remportées au nom de Jésus-Christ. Nous avons vu dans l’historien Gunther les violences Qu’employa l’abbé Martin pour dépouiller une église de Constantinople, et pour s’emparer des reliques dont il enrichit son monastère près de Bâle (i). Il nous reste une relation dans laquelle un chevalier nommé Dalmas raconte lui-mcme comment il déroba dans une église Grecs le chef de saint Clément, qui fut transporté en triomphe à l’abbaye de Cluui (a). La multitude des fidèles accourait pour contenu pler ces trophées de la guerre sainte. Il arrivait souvent que les cénobites portaient leurs reliquaires de village en village, de cité en cité, afin de recueillir une plus grande quantité d’offrandes. Au milieu de cos translations auxquelles l’avarice présidait peut-être bien plus que la piété, l’iniquité^et la fraude durent quelquefois abuser delà crédulité du vulgaire. Dès le commencement du douzièmesiècle, l’abbé Guibert s’élevait contre la coutume de faire ainsi voyager les saints. « Le tort qu’on a, disait-il, est de » ne pas laisser les bienheureux jouir du repos » qui leur est dû dans une tombe immuable (3). »

’(i) Guniher. {Bihliolh. des Crois. y

(2) Tmité sur la translation du chef de saint Clément , de Constantinople au monastère de Cluni, ( Biblioth. des Crois. )

(3) L’abbé Guibert, Coll, de Bongars. {Biblioth. des Crois. )

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