‹ Histoire des croisades (volume 5)Chapitre 13 sur 209 · LIVRE XXL U · texte numérisé non relu

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tentalives de l’esprit de ténèbres ne se trouvent mêlées aux événornens politiques et relij'ieux. Cependant riiistoire contemporaine ne parle jamais de l’apparition du démon parmi les pèlerins de Jérusalem. Un seul chroniqueur, l’abbé Guibert, rapporte qu’à l’époque de la première croisade , un cbevalier de la Picardie avait fait un pacte avec le diable, pour venger la mort de son frère tué dans un combat ; après avoir obtenu ce r^u’il désirait, ce chevalier ne put se débarrasser de la présence dfe Pesprit infernal, qu’en prenant la croix du saint pèlerinage. La même chronique ajoute que le noble Picard se mit en route avec les autres croisés , et que pendant tout son voyage, le diable ne se présenta point. Mais lorsqu’après la délivrance de Jérusalem, le pèlerin revint dans ses foyers, il vit aussitôt reparaître celui qui ne donne jamais que des conseils criminels. Nous citons ce trait singulier parce qu’il peint à lui seul le genre de superstition des pèlerins de laTerre-Sa iule. Rien ne doit plus nous étonner aujourd’hui que cette absence des démons dans une multitude comme celle des croisades. Nous voyons dans l’histoire que les soldats do la croix avaient d’autres préoccupations et d’autres pensées. Leur imagination se donnait de bien plus grands spectacles, et s’il nous est permis de parler ainsi, il nous semble que le diable était de trop petite dimension pour figurer sur l’immense théâtre qt parmi les scènes gigantesques des guerres d’oulre-mcr.

Nous avons parlé, eu coinmcuçanl ce chapitre.

HISTOIRE DES CROISADES, des grands phénomènes de la nature , des apparitions célestes qui, dans le cours de leur pèlerinage , attiraient l’attention et redoublaient l’enthousiasme des croisés. Lorsqu’ils arrivaient en Syrie, quel spectacle plus propre à frapper leur esprit que celui des lieux qu’ils devaient conquérir! quel prestige de la magie pouvait produire le même efiet sur des cœurs religieux que l’aspect de la vallée de Josaphat, du mont Sion et des rochers du Calvaire ! Les hymnes que chantaient leurs, prêtres rappelaient sans cesse aux croisés l’objet de leur expédition sainte. Lorsqu’on leur répétait les paroles des prophètes, adressées aux élus de Dieu , dans les lieux mêmes où elles avaient été inspirées , il n’était pas un pèlerin qui ne s’appliquât le sens, des divines prophéties, et qui ne se persuadât que l’Eternel marchait devant lui, pour accomplir les promesses de l’Écriture, C’est dans celte croyance et non dans les idées d’une superstition étroite et vulgaire qu’il faut chercher le caractère et le mobile des croisades.

Les chroniques arabes racontent moins d’apparitions surnaturelles que les chroniques de l’Occident. Toutefois les Musulmans avaient aussi leurs puissances célestes qui venaient à leur secours dans les périls de la guerre. L’historien Kemal- Eddin, en racontant la défaite de Roger, prince d’Antioche, parle d’un ange vêtu de vert, qui mit eu fuite l’armée des Francs, cl fit prisonnier un de leurs chefs. Boha-Eddin rapporte qu’une lé- • gion descendue du ciel, entra pendant la nuit dans

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