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villes qui plus tard furent appelées aux cortès, poussées par un esprit de jalousie, ne voulurent point y admettre les autres, ce qui nuisit beaucoup au développement et aux progrès de la liberté en Espagne.
C’est en France surtout que nous examinerons l’affranchissement des communes. Cet affranchissement commença dans les provinces méridionales ; les traditions romaines qui subsistaient encore , en. donnèrent la première pensée, ou plutôt les villes de la Provence et du Languedoc n’avaient jamais cessé d’être indépendantes, et de jouir des bienfaits du régime municipal. On pourrait croire que leur exemple put exercer une influence sur les villes de l’est et du nord de la France ; mais tel était alors le défaut presque absolu de communication entre les peuples , qu’on ne savait point dans le nord du royaume , s’il y avait des villes libres dans le midi. Dans les contrées situées entre la Somme, la Meuse et l’Océan, toutes les villes commencèrent , vers la fin du onzième siècle , à réclamer leur indépendance , et tout nous porte à croire que la pensée leur en vint de l’état de prospérité où elles étaient parvenues (i). La fabrication des laines anglaises et celle des toiles avaient enrichi les villes
(i) En 988, Alberl-lc-Pieux , comte de Vermandois,. accorda à Saint-Quentin des privilèges de liberté'. Cette concession est la plus ancienne de cette nature qui ait été faite à un corps d’habilans , depuis que les Gaules n’obe'issaienl plus aux Romains. {Statistique du de'partement de l" Aisne, par M. Brayer, ire. part. , pag. ii3.)
3o6 HISTOIRE DES CROISADES,
delà Belgique , et ce genre d’induslrie s’élait étendu aux villes de l’Artois, de la Picardie et de la Champagne. Les manufactures de serge de Reims avaient de la célébrité au temps des croisades, et celte étoffe grossière servait à vêtir les pauvres pèlerins. Froissard parle de plusieurs autres manufactures , entre autres de celles d’Arras , où s’étaient ouvrées ou fabriquées ces riches tapisseries , représentant les batailles d’Alexandre, qui furent envoyées à Bajazet pour la rançon des chevaliers français , faits prisonniers à Nicopolis (i). Les principales cités des provinces du nord s’enrichirent ainsi par l’industrie , chose presque aussi nouvelle au douzième siècle que la liberté j elles voulurent avoir la faculté de jouir des biens qu’elles avaient acquis, et ce fut alors que commença pour la France la grande révolution des communes.
L’établissement des communes n’était autre chose quela réunion approuvée des bourgeois, pour la défense de leurs droits et de leurs intérêts. La commune était un pacte d’amitié(2), de paix(3),de concorde,
(i) Voyez notre xii«. livre.
(a) Le mot amicilia se trouve en tête de la plupart des Chartres du moyen âge. Dans une chartre de commune de Philippe, comte de Flandre, en i i/^S, le mot amicüia se trouve répété daus les dix-sept articles qui composent cet acte. Le comte donne à la commune le nom de amicUia.
(3) L’acte de la commune de Laon , rapporté dans le lom.XIdes Ordonnances des rois de France , a pour titre i Institutio pacis.