‹ Histoire des croisades (volume 5)Chapitre 141 sur 209 · LIVRE XX». 3ii · texte numérisé non relu

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contre les brigandages qu’eux seuls pouvaient réprimer (i). Ceux qui exerçaient l’autorité pour les comtes abains, n’aj’ant qu’un pouvoir passager et incertain, se conduisaient avec modération et cherchaient à obtenir par la conûauce et l’amour ce qu’ils n’auraient point obtenu par la force. Quand la croisade était finie , les seigneurs qui avaient perdu leurs hommes d’armes en Orient laissaient les choses telles qu’elles étaient , ou s’ils voulaient reprendre tous, leurs droits, ils ne manquaient pas d’éprouver une résistance à laquelle ils étaient contraints de céder. Nous ajouterons qu’à leur départ les comtes et les barons avaient besoin d’argent, et que pour en avoir ils étaient obligés de faire des concessions (2). Ils avaient encore plus besoin d’argent à leur retour, et montraient les mêmes dispositions à céder quelque chose de leurs droits.

Lorsque les princes et les rois quittaient l’Europe , ils avaient coutume de faire leurs testamens, et leurs volontés dernières ne consacraient point

( I ) Il nous reste une ordonnance de la reine Blanche qui , en l’absence de Luuis IX , appelle tous les citoyens de Paris à veiller à la tranquillité publique. Cette pièce est rapportée textuellement dans nos extraits du Spicilége de d'Acheiy. ( Biblioth. des Crois.)

(a) Le dauphin des Viennois vendit à la noblesse et aux villes tous les privilèges qu’elles voulurent acheter. En rentrant dans ses États , il ne trouva plus rien , et se fit moine. La même chose était arrivée à Guillaume de Montpellier et à Arpin de Bourges a l’époque de la première croisade.

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• l’oppression et l’iniquité. Ce n’est pas lorsqu’ik

allaient combattre pour le triomphe de l’Évangile, qu’ils négligeaient de secourir les paii^res et de protéger les faibles. On a vu la sollicitude que montrait saint Louis avant de s’embarquer pour l’Orient; nous avons vu quels moyens employa son zèle infatigable pour que la justice fût rendue à tous pendant son absence , et la justice était alors tout ce qu’on demandait.

Il nous reste quelques privilèges de communes ac- % cordés par des seigneurs et des princes partant pour

la croisade, et la circonstance du saint pèlerinage se trouve presque toujours mentionnée dans les Chartres octroyées par les chevaliers de la croix (i). Le royaume de Jérusalem présentait aux pèlerins plusieurs modèles de la législation communale. Les as-^ sises de Godefroi avaient accordé une juridiction particulière aux bourgeois de la Terre-Sainte ; et c’était là , comme on sait, le privilège que recherchaient les communes dans la plupart des royaumes de l’Occident. Le roi Baudouin II donna une chartre de commune à la ville de David et de Salomon , et Guillaume de Tyr nous apprend que ce prince acquit par-là l’estime et la confiance des peuples (2). Les nations d’Europe qui

(j) La chartre du comte de Flandre, que nous avons déjà citée, commence par ces mots : « Près d’aller en pèlerinage » à la Terre-Sainte, où Dieu nous a délivrés, au prix de » son sang, de la puissance du démon , etc. »

(2) Guillaume de Tyr, Coll, de Bongars. ( Biblioth. des Crois. )

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liabitaieat les villes maritimes de la Syrie, et qui se gouvernaient elles-mêmes , offraient le spectacle de plusieurs communes réunies dans la même cité (i). Ce spectacle ne devait point être perdu pour les pèlerins j et de même qu’en Occident on bâtissait des églises sur le modèle de la basilique du Saint-Sépulcre, ainsi l’Europe chrétienne put prendre quelquefois pour modèle les communes établies dans l’héritage de Jésus-Christ.

(i) Bizaro, écrivain du seizième siècle, parle de plusieurs cbartresou diplômes accordés par Baudouin aux Génois qui Jjabilaient la Palestine. ( Diblioth. des Crois. )

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