‹ Histoire des croisades (volume 5)Chapitre 143 sur 209 · LIVRE XXII. 3i · texte numérisé non relu

LIVRE XXII. 3i

rester neutre dans les querelles qui s’élevaient de toutes paris au nom de la liberté. Les villes , quand il s’agissait d'obtenir leur indépendance, avaient les yeux sur la couronne j quand elles l’avaient obtenue, elles clicrchaient à la mettre sous la sauve-garde des monarques (i). Ainsi l’autorité des rois devenait l’espérance de toutes les communes du royaume , et la liberté naissante s’appuyait sur la royauté. Voilà pourquoi les villes de France, pour défendre leurs franchises, ne formèrent point de confédérations, comme dans d’autres pays, car elles trouvaient une défense naturelle dans la puissance royale.

Si la royauté favorisa l’indépendance des communes , celles-ci offrirent leur secours à la couronne toutes les fois qu’elle eut besoin d’argent ou de soldats pour le service de l’État ou la défense du royaume. Les chroniques de Saint-Denis ont célébré le dévoùment des villes de Corble, d’Amiens, d’Arras , de Beauvais et deCompiègne, qui envoyèrent leurs légions à la bataille de Bovines. Les communes, disent les chroniques, trespassèrent toutes les batailles des chevaliers , et se mirent devant le roi encontre O thon et sa bataille (a).

(1) Entre autres communes qui avaient place leurs privilèges sous la sauve-garde du prince, nous citerons celles de Poix, d’Amiens, de Laon, de Reims, etc.

(2) Les Gestes de Philippe- Auguste, extraits des chroniques de Saint-Denis. (Recf/ety des Hist. de France, t, XVII, pag. 4 09. )

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On a représenté la société de cette époque comme étant dans une guerre perpétuelle avec les seigneurs. Cette assertion est fort exagérée ; il ne faut pas oublier , comme nous l’avons dit en commençant ce chapitre , que l’aristocratie féodale touchait à son déclin, et que sa puissance s’affaiblissait en raison même des progrès de la civilisation. Beaucoup de possesseurs de fiefs entreprirent sans doute de résister au mouvement général ; mais un grand nombre s’y laissèrent entraîner. Ou doit croire que les lumières et la marche des esprits, qui étaient comme le signal de la liberté des communes , n’avaient pas commencé par les serfs, mais par les premières classes de la société ; il y avait alors un besoin général d’amélioration auquel les seigneurs n’étaient pas étrangers, et ce besoin d’amélioration tendait partout à adoucir les rigueurs de la servitude. On trouvait même dans plusieurs pays si peu de différence entre l’état des serfs et l’indépendance dont on pouvait jouir, que plusieurs cités, plusieurs bourgs dédaignaient les privilèges qu’on leur offrait. 11 nous reste des Chartres, dans lesquelles les seigneurs féodaux invitaient eux-mêmes leurs vassaux à jouir de la liberté, tantôt en leur rappelant la richesse du pays ( i ) , tantôt en parlant des avantages de l’industrie et du commerce. L’histoire

(i) Dans la charlre de commune accordée à la ville do Quingey , le seigneur rappelle à ses vassaux la beauté du paysage et la fécondité du sol. Celle cliarlre est du qualorzièmesièclcj c’est M. Buclion (juiiious a communiquéee fait.

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