LIVRE XXlî. 3i
cesse, semant les biens et les maux sur sa roule, n’avait produit que de sages înslilullons j si, toujours contenu dans de justes bornes , il n’eût souvent re'veillé les sanglantes discordes, et ne s’était mêlé enfin aux aveugles passions de la multitude. Quel tableau que celui qui montrerait les suites de cette révolution jusqu’aux temps modernes , qui représenterait la monarchie sortant des ruines de la féodalité , et succombant elle-même dans une révolution nouvelle ! Quel sujet de graves pensées pour l’historien , lorsqu’embrassant d’un coupd’œil rapide les temps anciens et les temps nouveaux , il voit les deux forces les plus agissantes de la société , à la renaissance de la civilisation , la royauté et la liberté, marchant sans cesse l’une vers l’autre, se demandant réciproquement un appui , renversant toutes les barrières qui les séparaient , détruisant tout ce qui se trouvait sur leur passage; enfin après plusieurs siècles d’efforts, arrivant à se rencontrer , face à face , sur les débris accumulés autour d’elles, se prenant au premier aspect pour des ennemies , se déclarant la guerre et tombant ensemble sur le même champ de bataille !
A Dieu ne plaise que je veuille présenter ici des images décourageantes, mais il n’est jamais inutile de rappeler les grandes leçons de l’histoire.
3ao inSTOIRE DES CROISADES.
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